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Disclaimer
:
Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye
de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais
plaints. Les
autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma
propriété.
Genre
:
Tranche de vie.
Bêta
auditrice : Tenshimizu
Bêta
lectrice :
Histugayakun.
Acteurs :
Heero, Duo.
Constellation
familiale
Après
le putsch, Duo n'avait pas voulu repartir pour L2. La vie qui l'y
attendait, il
n'en voulait pas. Il n'en pouvait plus de voir le regard amoureux et
triste de
Hilde quand elle le regardait et qu'ils travaillaient ensemble.
La
vie militaire et entrer chez les Preventers, ce n'était pas pour lui,
il avait
testé durant deux mois, après qu'on l'eut contacté pour une mission
avec les
anciens pilotes.
Il
avait été heureux de les retrouver, de travailler avec eux, cependant
il ne
supportait plus de vivre comme ça.
En
perdant sa place dans un dortoir de la caserne, Maxwell avait été ravi
par la
proposition d'Heero de venir squatter son
canapé clic-clac dans son F2 qui se
situait non loin de la caserne et du QG.
C'était une proposition à court terme, le temps qu'il se retourne,
qu'il trouve
un autre emploi, un autre logement,
Deux
ans plus tard, Duo n'avait toujours pas quitté le F2 du métis.
Cependant, il avait
quitté le clic-clac pour passer dans la chambre à coucher du brun. Ca
s'était
fait petit à petit, en un an, quand Heero s'était rendu compte qu'il
n'appréciait pas du tout quand Maxwell découchait et qu'il le voyait
partir
pour une sortie entre copains.
Le
temps passant, Duo avait fini par trouver une profession qui lui
convenait, il
l'avait découverte un peu par hasard et bêtement.
Une
nouvelle fois, Maxwell était sans emploi, il avait fini son contrat
d'étalagiste dans la grande surface où travaillait sa voisine de
palier. Cette
dernière était mariée à un Preventer. Tout comme Duo, elle connaissait
les
moments de solitude quand son époux partait en mission pour maintenir
l'ordre
dans le monde.
Elle
s'était liée d'amitié pour le natté. Quand un travail se libérait dans
la
grande surface, elle ne manquait jamais de prévenir le châtain, s'il
était sans
emploi.
Alors
que leurs deux hommes étaient partis en mission, Josiane invite Duo à
venir
souper à l'appartement.
-«
Ne fais pas attention au désordre. » Dit-elle en ouvrant la porte. « Ce
n'est
pas toujours évident de gérer un ménage, deux enfants quand on
travaille à
temps plein. Daphné et Robert venez dire bonjour à Duo. »
Deux
petites bombes blondes de six et huit ans lui arrivent dans les bras.
-«
Tu veux que je vienne faire ton ménage demain, je m'ennuie à être chez
moi sans
rien faire ? » Demande le natté en venant retrouver la jeune femme dans
la
cuisine.
-«
Duo, ce n'est pas pour ça que je te l'ai dit ! » S'offusque Josiane.
-«
Je sais, mais je ne suis pas fait pour l'inaction. » Soupire le jeune
homme.
-«
Si tu viens, je te paie. » Affirme-t-elle.
-«
Josiane ! »
-«
C'est à prendre ou à laisser. »
µµµ
La voisine avait tellement été enchantée du travail de Duo qu'elle lui redemandait de venir la semaine suivante.
Ne
voulant pas de problèmes, Maxwell se renseigne
auprès de son syndicat. Ce dernier lui dit de s'inscrire pour les «
bons d'aide
» créés par l'Etat pour diminuer le travail en noir. La personne qui
engage un
travailleur paie 7,50 crédits. L'état prend en charge une partie des
frais et
c'est aussi en partie retouchable aux contributions pour ceux qui
emploient
quelqu'un. Ce dernier touche plus ou moins dix crédits de l'heure.
Le
natté s'inscrit dans ce système, surtout que Josiane a parlé de Duo et
de sa
façon de faire le ménage aux autres membres du supermarché. Plusieurs
personnes
sont déjà intéressées par ses services.
Heero,
lui, est heureux de voir que son homme s'en va au travail l'esprit
serein, pas
comme à l'époque où il faisait simplement des remplacements. C'est sûr
que leur
appartement n'est plus aussi bien rangé qu'avant. Après vingt-six
heures de
ménage chez les autres, Duo n'a pas toujours envie de faire le sien
aussi bien
qu'avant, mais Yuy met la main à la pâte et travailler ensemble c'est
toujours
mieux.
µµµ
AC
202, Royaume de Sank
Maxwell
adore son travail. Il est fier de lui quand il quitte une maison, un
appartement et qu'il voit que tout y est rutilant. Il aime aussi voir
ce
que les gens réalisent pour décorer leur habituation et il s'en inspire
pour
leur logement.
Il
écoute la radio tout en travaillant. Il est seul dans les maisons la
plus
part du temps alors il s'organise comme il veut.
Tout
en lavant la salle à manger de chez Josiane, il écoute une émission sur
des
expériences d'inconnus, parfois il y va de son Sms quand il se sent
concerné. Ici, il est intrigué, l'émission s'appelle « la thérapie par
la
constellation familiale». Cette méthode permet de mettre en lumière des
évènements que l'on croit oubliés et leurs implications cachées. On
revit ou on
porte inconsciemment le fardeau des générations antérieures. L'objectif
d'une
telle thérapie est de permettre à chacun d'occuper sa place et d'être
libéré de
l'influence du passé.
Cette
thérapie se fait en prenant des personnes pour représenter des
situations
données. Ces gens vont ressentir des émotions intenses qui vont donner
des indications sur ce qui s'est joué dans le passé et qui modifie le
présent.
Duo
écoute, il reste un peu septique. Cependant les témoignages sont
saisissants. Dans deux jours, il y aura une constellation dans la salle
de
l'hôtel de ville. Heero est encore en déplacement. Il irait bien voir
de ses
yeux, une représentation, juste pour se faire une idée.
En
entendant qu'il ne reste plus que quelques places comme spectateur, Duo
téléphone immédiatement pour être sûr d'en avoir une.
En
passant dans la cuisine, il entend le vécu d'une femme qui avait peur
d'être
abandonnée, qui avait l'impression de ne pas être entière et que la
constellation
familiale à mis à jour que sa maman aurait perdu sa sœur jumelle
pendant la
grossesse. Ses parents ne lui avaient jamais dit pour ne pas la
traumatiser.
Comment des étrangers avaient pu ressentir cette information ? Ca
intriguait
encore plus Maxwell.
µµµ
C'est
impatient qu'il se rend le mercredi soir à la réunion dans la salle de
l'hôtel
de ville. Il y a une trentaine de personnes. Un cercle de vingt chaises
et une
dizaine en retrait pour les spectateurs. Duo décide de s'installer là,
il sera
plus à l'aise.
La
dame présente à l'émission radio est là et se présente.
-«
Bonjour, je vois des têtes connues et des inconnues. J'aime ce moment
où je ne
sais rien, où je ne sais pas ce que je vais ressentir, c'est comme
sauter dans
le vide. Dans le présent, il n'y a pas de problème. Tout vient de
l'inconscient
et de la mémoire de l'inconscient qui est dans notre corps. Nous allons
essayer
de changer notre point de vue sur une situation. Si je change de point
de vue,
les gens sont obligés de changer. Faire ce genre de thérapie, nous
oblige à
travailler sur nos peurs. Si on vit dans la peur, on rate tout. Le
contraire de
l'amour, c'est la peur. Est-ce qu'il y a des personnes qui n'ont jamais
assisté
ou participé à des constellations ? »
Duo
lève la main, il regarde autour de lui. Ils sont une dizaine. Chose
étrange,
ils se sont tous installés sur les chaises extérieures au cercle. La
thérapeute
sourit.
-«
Est-ce qu'il y a des personnes qui n'ont jamais assisté à des
constellations ?
»
Maxwell
lève une nouvelle fois la main, ils ne sont plus que cinq. Avec cette
simple
phrase Duo ressent une différence, tout est dans le subtile.
-«
Si vous êtes là, c'est que vous avez déjà entendu parler des
constellations
familiales. Nous allons commencer la séance. Le mois dernier, je
m'étais
entretenue avec Sylvie qui aurait dû être parmi nous. Elle est
hospitalisée et
c'est sa cousine Yolande qui vient en son nom. Elle va vous lire son
passé et
poser sa question. »
La
femme tend le micro à une autre assise à côté d'elle. Elle déplie un
papier et
commence à lire.
-«
Bonjour, je m'appelle Sylvie, j'ai perdu ma maman à neuf ans d'un
cancer.
Depuis maintenant trois ans, je me bats contre plusieurs cancers. Dès
que j'en
ai vaincu un, dans le trimestre un autre membre est atteint. J'ai peur
de finir
comme ma maman et laisser ma fille de huit ans seule. »
-«
Très bien, maintenant Yolande, allez chercher quelqu'un dans la salle
pour
représenter Sylvie. »
Yolande
se lève et commence à parcourir les chaises des yeux puis elle se
dirige vers une
dame d'une quarantaine d'années qu'elle aide à se lever.
-«
Maintenant, un représentant pour la maladie. »
Presque
sans hésiter, la femme se dirige vers un homme assis dans le cercle
devant Duo.
Ce dernier a des difficultés à ne pas écarquiller les yeux. Un homme
représentant de la maladie. Maxwell s'avance sur sa chaise pour mieux
observer.
Dans
un premier temps, les deux représentants ne bougent pas. Ils
s'observent puis
la dame commence à se plier sur le côté de plus en plus, alors que la
maladie
devient agressive. Plus la malade ploie, plus l'homme monte ses bras
au-dessus
de sa tête en avançant vers la dame.
L'animatrice
se lève et vient chercher une femme dans le public en lui disant.
-«
Vous êtes le destin. »
La
femme d'une trentaine d'années reste trois secondes sans bouger puis
elle
s'avance en souriant en tendant la main vers la malade. Directement,
celle-ci
se redresse et essaye de l'attraper. L'homme lui devient encore plus
agressif
et se rue vers la malade qui arrive à attraper la main du destin. Cette
dernière l'entraîne avec elle, loin de la maladie.
L'animatrice
se lève et va chercher une femme et un homme qu'elle emmène vers
l'endroit de
la saynète où le destin fait virevolter la malade pour l'éloigner de la
maladie.
-«
Voici la vie et son époux, la mort. »
Le
destin emporte la malade vers la vie. L'homme qui incarne la maladie
essaye
atteindre une dernière fois la malade, sans succès. L'homme qui joue la
mort se
tourne dos à la scène et la maladie s'en va.
L'animatrice
tape dans ses mains et fait asseoir sur le sol les acteurs. Elle tend
le micro
à la femme qui a joué la malade.
-«
Dès que je me suis mise dans sa peau, j'ai vraiment eu l'impression
qu'on
m'écrasait. Je ne savais que ployer de plus en plus devant la maladie
qui était
très agressive. Quand vous avez fait entrer le destin, j'ai vraiment
ressenti
l'envie de m'accrocher, d'avoir une porte de sortie. Je ne voulais plus
le
lâcher, comme la vie qui est venue peu après. » Dit-elle avant de
tendre le
micro à l'homme qui a joué la maladie.
-«
Moi, je n'ai ressenti d'une impression de dominance. Je devais la
soumettre,
m'attaquer à elle. Plus elle pliait, plus je me sentais fort. Quand le
destin
est entré en jeu, j'ai ressenti son espoir. Je devais agir vite sinon
j'allais
perdre. Quand la vie est venue, j'ai essayé de m'accrocher mais aussi
bien la
vie, que le destin, ne voulait pas me laisser ma victime. J'ai dû
m'incliner. »
Soupire l'homme avant de tendre le micro à la jeune femme qui a joué le
destin.
-«
Je me sentais joyeuse, prête à tout surmonter. La maladie ne me faisait
pas
peur. J'avais envie de l'aider pour qu'elle s'en sorte alors je lui ai
tendu la
main et j'ai commencé à la protéger. »
-«
Pareil. » Dit l'actrice de la vie.
La
jeune femme tend directement le micro à l'homme qui interprétait la
mort.
-«
Moi, je sentais bien que je n'avais pas ma place alors je me suis mis
de dos. »
Dit-il en tendant le micro à l'animatrice.
Un
jeune homme assis à côté de Duo se lève.
-«
Est-ce que les choses se passent toujours comme ça ? »
-«
Bien sûr que non, parfois c'est la maladie qui l'emporte. Chaque
histoire est
différente, donc chaque constellation aussi. » (1)
La
séance étant finie. Tout le monde se lève. La présentatrice vient vers
Duo.
-«
Je vois que vous êtes intrigué. »
-«
J'admets que ça me semble très bizarre. »
-«
Venez avec moi. » Ils font une dizaine de pas sur le côté et elle
reprend. « Je
sens aussi qu'il y a un manque à combler, que vous n'êtes pas là par
hasard. »
-«
Je crois que c'est le cas de toute personne ici. » Avoue méfiant le
natté.
-«
Oui et non, des gens qui ont trouvé la paix intérieure continue à venir
pour
aider les autres à la trouver. Que vous manque-t-il ? »
-«
Rien je suis heureux en ménage, dans mon travail. »
-«
Possible mais je ne vous sens pas entier comme s'il vous manquait une
partie de
votre passé. »
Maxwell
écarquille les yeux, puis réalise que la conclusion est un peu normale,
c'est
le principe de la constellation familiale. Trouver dans le passé ce qui
détruit
notre vie actuelle. Sans se trouver incomplet, il y a une énigme dans
sa vie
qui l'intrigue. Qui est-il ? Pourquoi a-t-il été abandonné ?
Il
sait que Heero a les mêmes manques et s'il a fait cette démarche c'est
en leurs
deux noms. Son amant est plus perturbé par le trou dans sa vie. Son
manque
d'assurance vient de là aussi. Si sa vie à lui a été jalonnée de
personnes qui
l'aimaient personnellement. Son compagnon n'a pas pu puiser une
stabilité dans
l'amour des premières personnes qui l'ont construit. Alors oui, il se
dit que
si ça marche pour lui, il pourra proposer à l'homme de sa vie de tenter
l'expérience pour trouver une stabilité.
-«
C'est vrai que je ne connais rien de mes origines. » Finit par avouer
le natté.
-«
Nous pouvons tenter de le découvrir, afin que votre démarche ouvre les
portes
aux septiques. » Lâche la thérapeute en lui souriant. « Le prochain
rendez-vous
est dans un mois, vous pouvez déjà vous inscrire. » Dit-elle en se
rendant près
d'autres personnes qui l'attendent.
Duo
s'inscrit directement. Il ne parlerait de la motivation de sa démarche
qu'une
fois qu'il aurait des résultats. Il ne voulait pas donner d'espoir à
son
compagnon mais il lui en parlerait. Il ne voulait pas faire toutes les
démarches dans son dos.
µµµ
Yuy
est rentré de mission depuis le matin. Après le débriefing, il attend
son
amant à l'appartement. Il adore voir le visage de Duo s'éclairer quand
il
découvre qu'il est rentré. C'est une raison pour laquelle, il ne le
prévient jamais de son retour. Il aime trop voir les yeux de Maxwell
briller
de plaisir quand il réalise qu'il est là. A ce moment là, Heero sait
qu'il est aimé et attendu surtout.
Le
brun sait que son homme travaille le vendredi jusqu'à 13h. Il serait là
au
plus tard pour 14 h. Il aura faim alors il prépare des sandwichs avec
un bol
de soupe. Quand il entend la clef tourner dans la serrure, il quitte la
cuisine
pour l'accueillir. Duo laisse tomber son sac de travail et se précipite
dans
les bras de son amant puis il s'éloigne pour le regarder de la tête au
pied.
Ils
ne parlaient jamais du travail du métis. Maxwell préférait jouer à
l'autruche
et surtout ne pas savoir les risques que son compagnon peut encourir.
Cependant
quand il revenait de mission, il devait vérifier qu'il était en un
morceau.
-«
Je n'ai rien. » Rassure le brun en le tirant à lui puis il l'entraîne
vers la
cuisine pour se sustenter d'abord d'aliments puis de quelque chose de
plus
charnel.
µµµ
Maxwell
se repose sur le torse de son amant, un doigt tournant autour du
mamelon à sa
portée. Il raconte sa semaine des anecdotes qui lui sont arrivées chez
certains particuliers. Il finit par sa soirée du mercredi. Ca fait un
moment
qu'il sent Heero plus tendu.
-«
C'est de l'arnaque. » Lâche Yuy.
-«
Je ne crois pas. »
-«
Si, c'est un gourou qui te fait miroiter quelque chose puis après tu
deviens accroc. Tu as payé quelque chose ? » Demande le brun sur la
défensive.
-«
Oui, dix crédits, on a eu droit à un café et un morceau de cake. »
-«
Vous étiez combien ? » Questionne le métis même s'il est un peu rassuré.
-«
Trente. »
-«
Elle se met au moins deux cent cinquante crédits en poche, par séance.
Si elle
en fait vingt le mois, elle gagne cinq milles crédits le mois. Tu vois,
elle ne
fait pas ça pour rien : c'est quatre fois plus que toi en un mois. »
S'indigne-t-il.
-«
La salle coûte cent cinquante crédits. J'ai demandé à Claude, tu sais
bien
qu'il travaille à la mairie. » Sourit Maxwell de voir son homme si
prévenant,
qu'il cherche à le protéger. A croire qu'il a oublié qu'il était pilote
de
Gundam il n'y a pas si longtemps.
-«
N'empêche, fais attention à toi. »
-«
Bien sûr Heero. J'ai toujours fait attention à moi. »
µµµ
Même si Duo essaye de le masquer, il est impatient d'être au mois prochain et de pouvoir revivre cette étrange expérience. Il sera peut-être un acteur principal cette fois.
Plus
le temps passe, plus il se rend compte qu'il est plus serein. Il a déjà
un peu changé. Heero est aussi plus
souriant, ce qui lui rappelle ce que lui a dit l'animatrice à la fin de
la
réunion.
-«
Si vous changez de point de vue, les gens qui vivent autour de vous
changent
également de vision. C'est un des effets thérapeutiques. : vous ne
dégagez plus
de la peur. Vous dégagez de l'amour. La peur est l'inverse de l'amour. »
Cela
paraissait bizarre à Duo mais si elle le disait ça devait être vrai.
Souvent on
n'aimait pas ce dont on avait peur.
µµµ
Les
journées avaient filé en petit train-train quotidien. Heero était
reparti en
mission, il était revenu toujours en un morceau. Il était à la maison
quand la
nouvelle date pour la constellation familiale arrive.
Duo
se prépare, il passe sa veste en entrant dans le salon de manière à ne
pas être
en retard.
-«
Tu es sûr de ne pas vouloir venir ? » Questionne Maxwell qui ne voulait
surtout
pas que son homme ait l'impression qu'il l'évinçait d'une partie de sa
vie.
-«
Non, Duo, je te l'ai dit. Amuse-toi bien. »
Le
natté aurait préféré, secrètement, avoir son amant avec lui pour le
soutenir.
Il est impatient et en même temps, il a peur de découvrir qu'on a
voulu le tuer. Parfois son esprit s'emballe et il voit le pire : sa
mère
l'ayant jeté dans une décharge pour qu'il meure. Il a peur que ses
cauchemars ne le rattrapent.
Tout
compte fait, il va se mettre dans la salle comme l'autre fois et encore
regarder. Le bien être qu'il a ressenti en regardant les autres est
suffisant. Il s'en contentera une nouvelle fois.
Arrivé
à la salle, Maxwell fait comme il a décidé durant le trajet. Il
s'assied
sur une chaise en dehors du cercle. La thérapeute arrive et regarde
dans la
salle, elle vient directement vers Duo.
-«
Venez avec moi. »
-«
Je ne sais pas, je crois que je me sens mieux là. » Répond le natté
sans se
lever.
-«
Les non-dits traumatisent, c'est aussi ce qu'on n'a pas digéré. Vous
savez, ce
n'est pas parce qu'on va découvrir peut-être des choses que tout sera
pour un
mieux. Ce n'est pas parce qu'on sait où on a mal, qu'on n'a plus mal,
mais ça
fait du bien de savoir qu'on peut soulager le mal. » Dit-elle en lui
tendant la
main.
Le
châtain après un moment de réflexion finit par la prendre et la suivre
dans le
cercle. Elle lui désigne la chaise à côté d'elle où il y a le micro.
Sur le
siège, il est écrit « invité », voilà pourquoi elle est vide.
Maxwell
enlève le papier, il est un peu gêné. Il reconnaît des visages du mois
passé,
peut-être qu'il y a d'autres personnes qui ont des aspirations et qu'il
vient
de passer avant eux. Pourquoi l'a-t-elle choisi ?
Quand
il se regarde dans un miroir, il se trouve mignon, heureux, à croire
que non,
qu'il y a quelque chose marqué sur son visage.
-«
Bonjour, dit la thérapeute. Je vois des têtes connues et des têtes
inconnues.
J'aime ce moment où je ne sais rien où je ne sais pas ce que je vais
ressentir.
C'est comme sauter dans le vide. Dans le présent, il n'y a pas de
problèmes… »
Duo
ne peut s'empêcher de sourire en réalisant qu'elle dit exactement la
même chose
que la dernière fois. Au bout d'un certain nombre de séances, ça doit
devenir
lassant.
Cette
fois, il lève la main quand elle pose la question.
-«
Est-ce qu'il y a des personnes qui n'ont jamais assisté ou participé à
des
constellations ? »
Mais
il ne la lève pas quand elle demande simplement assisté, la moyenne
reste plus
ou moins la même.
-«
Sylvie va bien, elle a surmonté sa chimio. Au dernier scanner la
maladie
reculait. » Reprend la thérapeute. « A côté de moi, j'ai… »
-«
Duo Maxwell. »
-«
Il va vous raconter un peu sa vie et ce qu'il aimerait découvrir. »
Dit-elle en
lui tendant le micro.
Le
natté ne s'attendait pas à être parachuté de la sorte. Il essaye de se
rappeler
ce que Yolande a dit l'autre fois.
-«
Je m'appelle Duo Maxwell, je viens de L2... Je ne connais rien sur mes
origines.
J'ai été recueilli dans une bande à je-ne-sais-pas quel âge.»
Il se gratte le crâne à la recherche des mots avant de
reprendre. « A
huit ans, après
le décès d'une bonne partie de mon clan dû à la grippe noire. J'ai été
recueilli à l'Eglise Maxwell jusqu'à sa destruction. J'y ai tiré mon
nom de
famille. »
Le
châtain voit deux, trois personnes mettre leur main sur la bouche pour
ne pas
crier. Il se demande s'il va continuer, mais il en a trop dit pour ne
pas finir ce qu'il vient de commencer.
-«
J'ai fini par être recueilli à douze ans par un scientifique qui a pris
soin de
moi mais il est décédé en AC 195. Depuis, je me gère seul... Ce que je
voudrais
c'est savoir, même si je n'ai pas trop d'espoir, c'est mes origines. »
Conclut-il en rendant le micro.
-«
Bien, Duo, allez chercher quelqu'un pour vous représenter. »
Maxwell
se lève, son regard parcourt la pièce puis il se dirige vers un homme
d'une
trentaine d'années. Il ne sait pas pourquoi il est attiré par lui.
-«
Bien, maintenant choisissez votre mère. »
Duo écarquille les yeux. Il ne s'attendait pas vraiment à ça. Il avait pensé à Solo mais pas à sa mère.
Après
un court moment d'hésitation, il choisit une jeune
femme aux cheveux châtains coupés court qu'il place face à sa
représentation
instinctivement.
-«
Votre chef de bande. » Ajoute la thérapeute.
-«
Solo ? »
-«
Si c'est son nom. » Sourit-elle pour l'encourager.
Maxwell
parcourt à nouveau les chaises du regard, il y a un jeune homme de son
âge. Il
s'avance vers lui pour lui demander de venir. Ce dernier se lève
directement.
-«
Bien, venez-vous asseoir près de moi. »
Duo
s'exécute et regarde les trois personnes en face de lui. Le
représentant de
Solo s'éloigne des deux autres tandis que lui et sa mère se
rapprochent. La
femme passe un bras autour des épaules de sa représentation, le guide
vers un
endroit et le fait s'accroupir puis elle s'éloigne rapidement pour se
cacher
derrière un pilier imaginaire.
Maxwell
n'arrive pas à détacher son regard de son représentant qui est assis
sur le sol
dans une attitude de bébé qui joue avec n'importe quoi.
Celui
qui joue le rôle de Solo commence à soulever des choses, circuler sans
approcher de l'endroit où Duo est.
-«
Qu'est-ce que faisait Solo ? » Demande la thérapeute.
-«
D'après le père Maxwell, les jeunes livrés à eux-mêmes fouillaient les
décharges à la recherche de nourritures et de choses à revendre. »
En
donnant l'explication, Maxwell se demande comment celui qui joue le
rôle peut
savoir ce genre d'information.
Solo
quitte l'espace de jeu et la femme vient récupérer le petit Duo. Ils
repartent
ensemble.
Pour
Duo, il y a du soulagement. Il n'a pas été simplement abandonné. Non la
scène
le prouve, sa mère a choisi et surveillait qu'il parte pas avec
n'importe qui, mais pourquoi ? Ca le
soulageait. Cependant ça éveillait d'autres questions dans son esprit.
Dans
l'espace de jeu, reviennent sa mère et le petit Duo, qu'elle replace au
même
endroit avant de partir. Là, Solo finit par trouver le petit Duo et
partir avec
lui en le serrant contre lui.
La
thérapeute frappe dans ses mains et les acteurs viennent s'asseoir sur
le sol
face à Maxwell. L'animatrice tend le micro à la représentation de la
mère de
Duo. Ce dernier est pendu à ses lèvres.
-«
J'ai ressenti beaucoup d'amour pour l'enfant, mon enfant. Ca lui
déchirait le
cœur de devoir l'abandonner, le confier à des étrangers mais elle le
faisait
pour le protéger. De quoi, je ne saurai le dire mais elle faisait un
acte
d'amour. » Dit-elle avant de donner le micro au représentant de Duo.
-«
Je devais être petit. Je tenais à peine assis mais je n'ai pas ressenti
qu'on
m'abandonnait. Je sentais qu'elle restait là, tout près. L'autre
personne m'a
accueilli sans haine. » Dit-il avant de tendre le micro.
Le
représentant de Solo le prend et commence.
-«
C'est possible que je n'avais pas plus de quinze ans ? »
-«
Oui, dans mes souvenirs, à sa mort, il ne devait pas avoir vingt ans.
Il
n'était pas encore ce qu'on considérait comme un adulte. » Admet
Maxwell.
-«
J'étais jeune mais vieux, des responsabilités plus que je n'en voulais.
Quand
j'ai découvert l'enfant. Je n'en voulais pas, mais en même temps je
savais que
je devais le prendre pour lui éviter le malheur. Pour lui éviter des
tourments
que j'ai connus. Je l'ai vraiment ressenti comme : il aura une vie
heureuse,
j'y veillerai. »
-«
Merci. » Dit le natté la gorge nouée.
Il
n'en sait pas beaucoup plus. Cependant il est soulagé de savoir qu'il a
été aimé aussi bien par sa mère que par Solo.
Il
se demande également comment on peut ressentir ça. Il reviendra le mois
prochain. Il veut être un jour un représentant pour comprendre ce qu'on
peut ressentir. Il se doute qu'il n'y a pas d'arnaque mais tant qu'il
ne l'aura pas vécu de l'intérieur, il aurait un doute. La vie avait
fait qu'il
devait tout vérifier pour être certain qu'on ne le trompait pas.
C'est
nettement mieux dans sa peau que Duo rentre chez lui. Heero sent de
suite que
son compagnon est plus serein. Il coupe la télévision pour lui
consacrer son
attention et lui laisser raconter son expérience.
Maxwell
voit bien qu'il est septique en l'écoutant parler et tout raconter.
-«
Je sais c'est étrange. J'aimerai pouvoir vérifier ces dires. » Conclut
le
natté.
-«
Je ne vois pas comment. Si tu n'es pas né dans un hôpital, il n'y a pas
d'échantillon ADN qui pourrait te renseigner sur tes parents dans la
banque de
données. Et ça, tu le sais déjà puisqu'on n'a rien trouvé quand on a
crée ton
identité. »
-«
Je sais. En tout cas, ça reste très plausible avec les choses que j'ai
vues et
vécues dans mon enfance. J'ai vu Solo recueillir un gamin de dix-huit
mois
déposé devant la porte de notre retraite. »
-«
Je ne dis pas que c'est faux. » Rappelle Heero.
-«
Je sais et toi tu as passé une bonne soirée ? » Questionne le natté en
se
blottissant dans les bras de son amant.
-«
J'ai regardé un film, ça m'a distrait. »
-«
Tu aurais préféré que je reste ? » Questionne Duo.
-«
Bien sûr que non. Ca fait même du bien d'avoir l'appartement que pour
moi pour
une fois. »
-«
Tant mieux. J'ai envie de continuer, j'irai sûrement le mois prochain.
» Admet
Maxwell en donnant un baiser dans le cou de son compagnon.
-«
C'est un loisir qui ne coûte pas trop cher si… »
-«
Je fais attention à ne pas me laisser embrigader dans une secte, je
sais. »
Coupe le natté.
-«
Je me méfie, j'ai besoin de toi. »
-«
Je me méfie aussi. Cependant tu ne peux pas savoir l'émanation de
ressentis
qu'il y a pendant une représentation. La tasse de café est agréable
après. On
papote un peu. On peut prendre des nouvelles de certains. »
-«
J'ai rien trouvé de compromettant, c'est même une méthode reconnue. »
Avoue
Yuy.
-«
Heero ! » Rit Maxwell de savoir que son homme y a sûrement passé une
partie de
sa soirée.
-«
J'ai fait ça avant le film. » Rétorque le brun en lui caressant la joue.
-«
On va dormir ? »
-«
Je te suis. »
Le
natté s'extrait des bras de son homme. Ce dernier se lève, coupe la
lumière
pour venir retrouver son compagnon au lit.
A
Suivre…
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