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Disclaimer
:
Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye
de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre
:
énigme
Acteurs
:
Heero, Duo.
Lectrice
01 : Arlia
Eien
Note
de l'auteur : C'est
un vieux texte retrouvé dans mon
ordinateur. Il a été écrit pour une collaboration mais elle
n'a jamais eu lieu. Je l'ai
retravaillé
pour le poster maintenant. Le premier jet date de 2007
Je
veux comprendre
Je
regarde passer Maxwell. Depuis un moment je me pose énormément de
questions sur
mon colocataire.
Je
veux comprendre.
Il
est de plus en plus distant.
Il
est de plus en plus bizarre.
C'est
assez étrange de penser ça. Surtout qu'il n'est pas vraiment différent.
Cependant, il
y en a une minime qui grandit. Pour un œil non exercé, il doit paraître
le
même. Mais moi je vois bien que ça ne va pas, qu'il a un problème. Et
ça depuis
qu'il est revenu de mission.
Je
veux comprendre.
Après
la guerre, nous nous sommes engagés dans les Preventers, presque
directement.
On
a bien essayé de s'adapter à un autre style de vie.
Duo
en retournant sur L2 et moi en m'engageant pour assurer la sécurité de
Relena.
Mais
ce que nous faisions ne nous convenait pas.
Nous
sommes des armes de guerre.
Nous
avons été élevés par la guerre.
Nous
vivions pour la guerre.
Maintenant
que la paix règne, il nous fallait de l'action.
L'agitation
avait fait partie de notre vie.
Même
si nous aimions la paix, nous nous y ennuyons.
Comme
on ne peut pas rêver que la guerre reprenne. On avait choisi d'autres
chemins
pour rester dans le mouvement.
Je
m'ennuyais à suivre Relena de congrès en congrès. Entendre jour après
jour, le
même discours presque au mot près, rester caché derrière un rideau. Il
ne se
passait jamais rien.
Pour
Duo ce fut pareil, même s'il aime la mécanique, démonter à longueur de
journée
et remplir des boîtes de pièces détachées, il en a vite fait le tour.
Comme
nous avions gardé des contacts, nous en avons discuté ensemble. Nous
ressentions la même chose au même moment.
Après
avoir donné nos préavis respectifs. Nous nous sommes engagés dans les
preventers pour continuer à nous battre mais pour que la paix reste et
que la
guerre ne revienne plus.
Nous
sommes arrivés à Sank au même moment et nous avons pris un appartement
ensemble
pour plus de facilité.
Ça
coûte moins cher, nous y vivons seuls de toute façon la plupart du
temps,
puisque nos missions ne s'effectuent pas durant la même période.
Nous
nous croisons aussi bien au travail qu'à la maison. Quand par hasard
nous
sommes à Sank en même temps, nos horaires sont souvent différents.
Et
puis il a toujours été facile à vivre, déjà en période de guerre.
J'ai
toujours apprécié vivre avec lui, travailler avec lui parce que nos
caractères
se complètent et qu'il respecte mes envies et mes choix.
Il
a l'habitude de la vie en communauté, il a rarement été seul. Moi,
c'est
l'inverse j'aime la solitude et il ne cherche pas à m'envahir, mais je
suis là,
il n'est pas seul.
Depuis
qu'il est revenu de mission, il y a quinze jours, c'est la troisième
fois que
je le vois faire son cinéma.
Il
a l'air d'être en mission, il avance à pas furtifs dans l'espoir que je
ne le
remarque pas. Je n'ai pas bien dormi cette nuit, je reviens de mission.
Comme
toujours quand je reviens, je préfère taper mon rapport à l'appartement
pour ne
pas être dérangé.
Je
suis là, le nez sur mon écran d'ordinateur et il ne sait pas que je le
regarde,
mais je m'inquiète pour lui. En bougeant les doigts sur le clavier
comme si je
tapais, je ne le quitte pas du regard.
Quoi
? Qu'est-ce qui vous étonne ?
Depuis
cette dernière mission, il est moins performant. Il est sur les dents,
je
m'inquiète pour lui, parce qu'il est un facteur humain à risque
supplémentaire
en mission. Il peut créer un problème ou ne pas savoir gérer un
problème. Il
n'est plus au maximum de ses capacités. Il est perturbé et ça finit
même par me
perturber. A force de me tracasser et de le surveiller, je deviens
moins
performant moi-même. En réglant son problème, j'augmenterai mes propres
capacités.
Comment
ça je me voile la face, ce n'est pas la raison première de mon tracas ?
C'est
vous qui le dites, moi je sais que c'est pour ça.
Je
n'en démordrais pas.
Je
l'observe à la dérobée, il passe devant moi comme un voleur.
Qu'est-ce
qu'il cache ?
Il
descend à la cave avec son drôle de sac.
Ne
tenant plus et sachant qu'il en a pour un certain temps, je me lève et
vais
vérifier dans sa chambre.
L'oreille
tendue à l'affût du moindre bruit. D'une main, je pousse la porte de la
chambre
du natté. J'y passe la tête et observe l'ensemble qui s'offre à moi.
Rien
ne me semble suspect à part une petite odeur qui traîne de la pièce.
Tout est
en ordre, son lit est fait, rien ne traîne sur le sol, toutes les
portes des
armoires sont fermées. Son roman policier est sur la table de nuit.
La
fenêtre est ouverte, mais c'est bon d'aérer une pièce au matin.
Je
n'y comprends plus rien. Qu'est-ce qui le perturbe au point de ne plus
chanter
le matin ? Au point de perdre le sourire ?
Je
regarde ma montre, il y a cinq minutes qu'il est parti, je reprends ma
place
devant mon ordinateur. Il ne faudrait pas qu'il sache que je l'observe.
Nous
vivons notre vie chacun de notre côté, mais pas comme des inconnus qui
vivraient ensemble.
Nous
ne partageons rien à part les frais qui incombent à l'appartement
Pourtant
depuis cette mission je m'inquiète.
Je
ne le comprends plus, il agit différemment.
Tout
ça n'arrête pas de me tourner dans la tête. Plutôt que d'écrire mon
rapport, je
réfléchis à ce qui vient de se passer, à ce que je viens de voir.
Pourquoi
part-il comme un voleur plusieurs fois la semaine ?
Qu'est-ce
qu'il est allé faire avec son sac ?
Il
va remonter les mains vides comme les autres fois et je reste là sans
comprendre.
Pourtant
cette fois je saurai. Je trouverai la solution parce que je veux
comprendre.
Le
voilà qui remonte les mains vides comme prévu, il fait comme s'il ne me
voyait
pas.
Il
se rend dans la cuisine, certainement pour manger rapidement un morceau
avant
de se rendre au travail. Il fait la journée aujourd'hui, moi je suis de
repos
comme toujours après une mission.
Quand
j'aurai rédigé mon rapport. Si j'y arrive avec mes préoccupations
actuelles. Je
l'enverrai à Lady Une via mail.
Alors
que j'essaie de me concentrer sur mon travail urgent, j'entends les
couverts
qui s'entrechoquent. L'odeur d'une omelette au bacon s'élève dans
l'appartement, ça il n'a pas perdu l'habitude de la faire avant de
partir au
travail.
Sans
un au-revoir, il passe devant moi, son attaché-case à la main.
Pourquoi
me dirait-il au revoir ?
Je
ne lève jamais le nez de mon portable quand je sais qu'il peut me voir.
Une
fois parti, je sauvegarde ce que j'ai déjà réussi à faire et je me
rends à la
cave.
Qu'est-ce
qu'il est venu déposer ici ?
Mes
yeux parcourent la pièce. Elle n'est pas grande. Elle nous sert surtout
de
buanderie.
Tiens
la machine fonctionne.
Je
respire plus à fond pour me confirmer un doute. Il y a bien ici la même
odeur
que dans sa chambre.
La
machine m'attire inexorablement. Je la coupe et je vais chercher un bac
pour
recueillir l'eau quand elle s'échappera au moment de l'ouverture de la
porte.
C'est
plus fort que moi, il faut que je vérifie. Je ne l'ai jamais surveillé
intentionnellement. Je l'observe, mais c'est normal, il faut être au
courant de
tout pour ne pas se faire surprendre.
Je
sais que je ne devrai pas faire ça, mais son calme apparent ne me dit
rien de
bon.
La
minute d'attente me semble interminable tellement je suis impatient de
savoir
ce qu'il a pu mettre dans la machine.
Ce
sont les draps de son lit, son pyjama qui tournent. Je fronce des
sourcils, je
ne comprends plus rien. Il a déjà fait sa chambre cette semaine,
c'était dans
son programme inscrit sur le calendrier de la cuisine.
Je
remets tout dans la machine et relance le programme.
Je
remonte les escaliers quatre marches par quatre marches, pressé de
confirmer un
doute.
Je
repousse la porte de sa chambre. Je respire à plein poumon. Malgré la
fenêtre
ouverte, l'odeur est toujours là, mais moins persistante.
Je
me rapproche du lit, je me glisse en dessous. Je sais, je comprends
d'où
vient cette odeur à la petite auréole légèrement humide qui reste.
Je
sors d'en dessous du lit, je soupire. Si j'ai su identifier l'odeur, je
ne
comprends pas pourquoi est-elle là ?
Ce
n'est pas normal. Ca ne devrait pas arriver. Pas à notre âge. Il peut
arriver
un accident, une fois oui, de temps en temps, mais pas à cette
fréquence.
La
fatigue, le surcroît de travail, il est humain, nous sommes humains.
Depuis
que nous travaillons dans le même secteur, je n'ai jamais surveillé son
travail, mais là je veux comprendre.
Je
sors de la chambre et me dirige vers mon ordinateur. Mon rapport
attendra un
peu, il s'écrira plus facilement de toute façon, une fois que je
n'aurai plus
ce tracas en tête. En plusieurs manipulations, j'arrive facilement dans
la base
de données des Preventers, c'est moi qui ai fait le programme.
Je
cherche le dossier du Lieutenant Maxwell. J'épluche ses missions, ses
rapports. J'ai huit heures pour trouver.
Je
cherche, je vais trouver.
Je
veux comprendre.
Pendant
trois heures, j'ai parcouru les dossiers. Il n'y a rien de suspect dans
ses
rapports. Pourtant, je sais qu'il y a quelque chose.
Je
le sais, je le sens.
Il
y a quelque chose qui n'ait pas dit, qu'il n'a pas écrit.
Je
voulais pouvoir lui laisser une porte de sortie, qu'il puisse
s'expliquer sans
se sentir humilié. Alors pour lui faire comprendre que je ne suis pas
dupe. Je
me suis occupé de vider le linge de la machine et de le faire sécher.
J'ai
pris le temps de finir mon rapport. Je dois de toute façon attendre
qu'il
rentre pour pouvoir comprendre.
Quand
il rentre, j'ai mis les draps secs et son pyjama pliés et repassés sur
le coin
de la table de la salle à manger. Son regard accroche directement le
tas avant
de se tourner lentement vers moi. Dans ses yeux, je vois que
la carapace est
en train
de s'écailler, qu'il est au bout du rouleau.
Depuis
quand Maxwell ne peut-il plus expliquer ce qui le ronge ?
Lui
qui n'aime pas le silence est là devant moi aussi silencieux que moi
d'ordinaire, son regard implorant. Je fais un pas vers lui.
-«
J'ai peur Yuy. » Murmure-t-il.
-«
De quoi ? »
-«
De devoir retourner en mission là-bas. » Répond-il après un moment de
silence.
Je
ne sais pas ce qu'il a subi là, il n'a rien mis dans son rapport. Je ne
sais
pas s'il me le dira un jour. Mais maintenant il sait qu'il n'est plus
seul.
Pourtant je voudrais le soulager, l'aider.
-« J'irai » Dis-je sans m'en rendre vraiment compte.
Je
ne sais pas si ce
sera
possible, mais je trouverai un moyen, même s'il n'est pas très légal.
De
suite, un soulagement passe dans ses yeux.
-«
Merci. » Dit-il en prenant le tas de linge sur la table et en partant
vers sa
chambre.
µµµ
Nous n'en avons plus parlé.
Nous
avons recommencé à vivre comme avant, en
nous
côtoyant, en nous croisant, sans faire plus attention à l'autre.
Trois
jours passent avant qu'il ne rentre dans mon bureau, un ordre de
mission en
main.
Lui,
le tueur, me regarde comme un enfant souhaitant un soutien ou se faire
pardonner. Mais espérant surtout que je tienne ma parole.
-«
Tu es toujours partant pour me remplacer ? »
-«
Hn »
µµµ
Lady Une n'a pas posé de questions, elle a accepté que je remplisse la mission de Maxwell.
Cette
mission n'avait rien de spécial. Il fallait juste
infiltrer une
maison de correction pour trouver d'où provenaient les traces de
brutalités sur
certains jeunes. Si c'était l'unique fruit de bagarres entre eux ou si
ça
venait de plus haut.
Ce
n'était pas la première fois que Maxwell le faisait, infiltrer une
maison de
correction ou un centre fermé pour adolescents. C'est souvent ainsi,
quand tu
réussis facilement une mission après on t'en assigne d'autres du même
genre.
Il
n'y avait rien de difficile dedans. Rien qui aurait dû le stresser au
point
d'en arriver là. Il a connu des missions plus dangereuses ou
angoissantes
pendant la guerre. Pourtant, c'était le cas, il y a quelque chose
dans ce
genre de mission qui le perturbe.
Je
veux comprendre encore plus qu'avant.
Pour
une fois, j'ai fait mon rapport dans l'avion qui me ramène. Je veux
pouvoir
être libre quand je rentrerai à l'appartement. Surtout que j'ai vu dans
le
tableau des fonctions qu'il a fait le matin et qu'il sera à la maison à
mon
retour.
Comme
toujours en sortant de mission, je prends une douche pour ne plus
sentir le
travail.
Il
est là, dans le divan à regarder des journaux télévisés en boucle. Je
m'assieds
à côté de lui. Je le regarde et ne dis rien. Il finit par tourner
lentement son
visage vers moi.
-«
Tu veux comprendre ! »
-«
Hn »
-«
Je n'en peux plus de replonger dans mon passé, de revivre à chaque
infiltration
toutes ces tensions et ces souffrances que je vivais quand j'ai été
recueilli
après la tragédie de l'Eglise Maxwell. »
Je
ne comprends toujours pas. Alors je plisse le front, cherchant à
m'imaginer ce
qui pourrait être si terrible en me basant sur ce que je viens de vivre
durant
la mission et je ne vois rien qui puisse le terroriser de la sorte.
-«
Tu ne sais pas te satisfaire du minimum, il te faut la totalité des
éléments. »
Peste le natté en reportant son attention sur ses mains qu'il a
déposées sur
ses genoux.
Il
soupire. Il souffre à nouveau. Je m'en veux.
Qu'est-ce
qui me pousse à vouloir tout savoir ?
Qu'est-ce
qui me pousse à vouloir le protéger ?
Je
me sens un peu stupide de penser comme ça. Il n'a pas besoin qu'on le
protége. Il est aussi fort que moi, peut-être même plus. Une autre
force qui
n'est pas
physique et qui lui permet de traverser beaucoup plus de choses que moi.
Mais
là, quand je le regarde, j'ai l'impression d'avoir un gosse assis près
de moi.
Un
gosse qui est blessé au plus profond de son être. Je voudrais pouvoir
faire
disparaître cette tristesse. Cependant, j'ai besoin de comprendre pour
y
arriver.
-«
J'ai subi des viols répétitifs de la part des éducateurs. C'est pour ça
que
j'ai fuit avant de rencontrer G sur la Lune. »
-«
Je comprends, tu n'en feras plus. »
Je
le pense. Et je me lève pour reprendre le cours de ma vie.
Mais
je ne peux m'empêcher de penser qu'il est vraiment le plus fort de nous
deux.
Il
a tenu deux ans de tensions sans que je ne voie rien.
Il
a fallu deux ans pour que son corps ne puisse plus tenir et qu'il
trouve un
moyen de lui venir en aide à sa façon.
Sans
ces accidents nocturnes, je n'aurai pas voulu comprendre.
Sans
son changement de comportement, je n'aurai pas voulu comprendre.
En
ouvrant la porte du garde manger, pour me faire un encas, je me rends
compte
que j'ai résolu un problème, mais je me retrouve avec un autre
problème. Je
veux comprendre pourquoi c'était si important pour moi de comprendre.
FIN
Si ça vous a plu, il y a l'option