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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j’essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages sont ma propriété et mon invention.

Genre : friendship, romance, hurt/confort, un peu médical également

Rating : T

Acteurs : Heero, Duo, Wufei, Sally.

Bêta auditrice : Tenshimizu.


Chapitre 16


Le jeudi 14 septembre AC 198

C’est à regret qu’hier, Heero a laissé Duo pour la nuit, mais il lui avait promis. Quand il revient à 10H, il trouve Maxwell dans son lit couché comme le premier jour, les traits tirés et raccordé à l’oxygène, alors que Sally l’avait enlevé à l’auscultation de la veille pour ne plus la remettre. La table de nuit se trouve contre le mur de manière à laisser de la place aux infirmières pour les soins.

Chloé arrive juste derrière le métis.

-« Il a été pris d’une forte toux durant la nuit déclenchant à nouveau des douleurs plus fortes. Jessica a essayé de le soulager mais rien n’y a fait ! » S’excuse presque l’infirmière.

-« La pompe à morphine ? » Demande Yuy le regard fixé sur son ami qui ruisselle de sueur.

-« Il n’en veut pas, il garde le bouton en main pour nous empêcher l’accès. Qu’est-ce que je peux détester ce nouveau système, avant il y avait aussi un bouton sur la pompe en elle-même, on pouvait agir en dehors du patient quand c’était nécessaire. » Argumente la jeune femme en secouant la tête d’impuissance.

C’est vrai aussi qu’il y avait eu des abus aussi bien du personnel ou de la famille. Des surdosages à des mauvais moments qui faisaient qu’on n’avait plus de dose disponible en cas de vrai nécessité. C’était un des raisons qui avait poussé l’invention de ce système à bouton unique, mais qui était dans ce cas-ci à double tranchant.

Heero s’avance vers le lit et s’assied sur la chaise qui a été remise sur le côté gauche de la pièce. Il relève la frange trempée de sueur avant de tirer à lui l’avant-bras droit. Il regarde si on voit encore sa marque et il met son index dessus pour commencer son massage.

-« Allez donne-moi ce bouton qu’on puisse te soulager. » Sollicite affectueusement le métis.

Maxwell secoue légèrement la tête et referme la main gauche encore plus sur le bouton. Chloé regarde la perfusion puis le dossier.

-« Ce n’est pas normal ! » Dit-elle.

Le brun la regarde pour avoir une réponse.

-« La perfusion ne s’écoule plus, la veine doit s’être bouchée, s’il ne mange pas, il faut que je déplace l’embout ! »

Yuy se lève pour laisser la place à l’infirmière sans pour autant arrêter son massage.

-« Le docteur Po a été prévenu ? » Interroge Heero.

-« Oui dès qu’elle arrive à l’hôpital, elle viendra le voir, mais elle ne peut pas faire beaucoup plus que nous. » Après avoir cherché une veine plus haut sur la main gauche de Duo, Chloé remet la perfusion qui s’écoule à nouveau convenablement.

L’ex-01 se rassied.

Sally arrive au moment où Maxwell a à nouveau une quinte de toux qu’il essaie de contrôler pour limiter ses douleurs. Le métis se sent de plus en plus impuissant.

-« Il en est à combien de doses de morphine ? » Demande le médecin devant l’état de son patient.

-« Il n’en a plus eu depuis la nuit de mardi à mercredi. » Répond l’infirmière.

-« Où est le bouton de la pompe ? » Demande Po le cherchant du regard autour du lit.

-« Dans la main de Duo pour nous empêcher de l’actionner ! » Soupire Heero en continuant à tenter de soulager son ami grâce au point de pression.

-« Duo ! Donne-le-moi ! » Ordonne le médecin.

-« Non. » Dit Maxwell pourtant c’est plus un cri chétif qu’autre chose.

-« Enfin, il n’y a pas d’accoutumance physique puisque c’est contre la douleur. C’est prouvé par des études, des patients qui l’utilisent bien plus que toi n’en réclament plus après l’hospitalisation ! » Argumente en désespoir de cause Sally.

-« Et psychique ? » Demande le natté encore plus en sueur qui halète aussi un petit peu ce qui déclenche une autre quinte de toux.

Les traits de Duo se décomposent. Yuy lâche le bras et se lève brusquement, la chaise en tombe.

-« S’il n’était pas si contracté, il respirait déjà mieux, il tousserait moins ! » Commence la doctoresse impuissante devant l’entêtement de son patient.

-« Et il aurait moins mal ! » Finit Yuy.

Le métis prend le médecin par les épaules pour la déplacer et pouvoir accéder à la hauteur du visage de son ami. Il s’agenouille pour que le natté le voit et il tend la main droite près de la gauche du châtain.

-« Duo ! Donne-moi ce bouton ! » Exige Heero, son regard est glacial, sa voix cassante et déterminée.

-« Tu ne vas pas l’utiliser ? » Supplie Duo quand la toux est contrôlée, il n’a presque plus de force dans le timbre.

-« Si, donne-le-moi ! Je ne supporte plus de te voir souffrir, si tu ne me le donnes pas, je le prends. »

Maxwell hésite toujours quand il voit Yuy se redresser et mettre la main gauche sur son poignet, sentant la pression se faire au niveau de son poignet et les doigts du métis glisser dans les siens. Duo n’a pas trop le choix, il sait que son ami ne reculera pas cette fois, il ouvre la main et le bouton tombe sur le lit.

Heero le ramasse, le presse deux fois et le met hors de portée du natté avant de se rabaisser à sa hauteur et de lui caresser le visage.

-« Ca va aller maintenant Duo ! » Murmure le brun et doucement il reprend l’avant-bras droit et presse la marque. Chloé lui ramène la chaise alors que Yuy est insensible aux autres, il ne pense qu’à soulager son ami.

Sally respire mieux.

-« Je vais lui prescrire des aérosols pour l’aider à évacuer les glaires et les secrétions. Il a eu sa piqûre contre les phlébites ? » Demande Po en se tournant vers l’infirmière.

-« Oui ce matin, par contre il n’a pas encore repris son tamoxifen depuis qu’il est là. » Explique Chloé.

-« Il va falloir l’injecter, s’il ne veut pas s’alimenter normalement. » Regrette le médecin.

Des larmes glissent silencieusement sur les joues du natté, rendant Heero encore plus tendre avec son ami, lui caressant le visage et déposant des petits baisers sur le front couvert de sueur.

Le téléphone de Maxwell sonne dans la table de nuit, comme ni Duo, ni Heero ne bougent pour le prendre, Sally se déplace pour répondre.

-« Allô ! »

-« Le Gsm de Duo » Répond Po.

-« C’est Hilde, Wufei a déjà essayé ce matin ! Ne me dites pas qu’il y a un problème ! » Panique la brune.

-« Non, Hilde, c’est seulement des douleurs normales ! » Rassure la doctoresse. Elle entend un reniflement d’Heero qui lui signifie que pour lui ce n’est pas normal de souffrir comme ça. « Il peut encore avoir des hauts et de bas comme ça pendant trois jours. » Continue le médecin.

-« Il y a un problème qu’elle essaie de joindre Duo ? » Demande Yuy se faisant l’intermédiaire d’un Maxwell qui ne pense plus à sa société mais seulement à ne pas faire des mouvements qui réveilleraient la douleur qui s’estompe lentement.

Sally pose la question à la jeune femme et enclenche le haut-parleur.

-« Non, on voulait avoir des nouvelles surtout que Wufei a dû lui raccrocher au nez hier matin. On peut lui parler ? » S’informe la brune.

Rassurer le métis sourit en voyant que Duo se détendre, il se sent soulager aussi.

-« Oui Hilde, il sonnera quand il aura moins mal. » Dit le médecin en raccrochant. « Bon, je vous laisse. Duo tu dois boire et manger. Deux jours ça devient beaucoup sans t’alimenter. »

-« Pas envie, pas bouger ! » Murmure Maxwell.

-« Ce n’est pas une question d’envie Duo, mais une obligation. » Dit Po plus fermement à la porte de la chambre avant de rejoindre Chloé qui attend dans le couloir pour avoir les ordonnances et pouvoir commander les médicaments pour son patient.

µµµ

Vers 11H30, les traits de Duo sont détendus, il s’est enfin endormi pour le plus grand soulagement d’Heero.

Chloé amène le repas pour Yuy ainsi qu’un litre de Yaourt à boire que le brun lui avait demandé pour le natté.

La jeune femme change les pochettes de la perfusion qui est presque vide, celle de la sonde qui est pleine, avant de déposer une seringue sur la table de nuit.

-« Quand il se réveille vous pouvez la vider dans l’attache de la perfusion à sa main, comme pour Malika. C’est son tamoxifen, il sait ce que c’est, il ne devrait pas faire de problème au moment de l’injection. Dès qu’il voudra bien se redresser, il a des aérosols à faire, appelle. » Murmure l’infirmière.

-« Merci pour tout ! »

Heero lâche le point d’acupuncture et commence à manger son repas tout en gardant un œil rivé sur le natté.

-« Ca sent bon ! » Dit Duo les yeux toujours fermés.

-« C’est une soupe aux cerfeuils, tu en veux ? » Questionne le brun en déposant le bol sur le plateau repas.

-« Je ne veux pas t’en priver. »

-« Le repas tu ne l’auras pas, tu n’as pas encore l’autorisation de manger du solide. Puisse que tu ne manges pas régulièrement. » Argumente Yuy en se redressant sur sa chaise.

-« C’est quoi le repas ? Je n’identifie pas à l’odeur. »

-« Saucisse et potée aux carottes. »

-« Tu veux bien m’aider à me redresser ? » Demande Maxwell en ouvrant les yeux.

Yuy se lève et s’avance vers Duo pour lui passer un bras sous l’aisselle et le soulever le temps qu’il redresse le sommier de deux crans, puis doucement, il le dépose toujours légèrement allongé sur le côté. Mais au moins maintenant il est au trois-quarts assis. Heero vient s’asseoir sur le lit et prend la seringue, ouvre la petite vanne sur l’attache de la perfusion pour lui donner sa médication.

-« C’est ton tamoxifen ! » Dit-il avant de l’injecter, puis Yuy prend le bol de soupe et avance la cuillère pour aider Duo à boire.

A la troisième, Maxwell se tourne lentement pour se mettre sur le dos, il a bien les traits qui se crispent, mais il continue son effort. Il ferme les yeux pour contrôler les douleurs qui l’assaillent.

Quand le natté rouvre les yeux, il a un sourire victorieux.

-« Donne-moi le bol que tu puisses manger ! » Propose-t-il une fois assis convenablement.

Le métis lui tend le demi-bol avec un sourire complice. Il ne quitte pas le lit pour autant, il tourne simplement la table de chevet pour commencer à manger.

-« Elle est délicieuse cette soupe, elle a un goût de trop peu ! Tu crois que je peux en avoir un autre ? » Demande Maxwell en arrivant à la fin de son bol après dix minutes.

-« J’y vais ! »

Yuy prend le bol des mains de son ami, remet le couvercle thermique sur son repas inachevé et s’en va. Il revient après quinze minutes avec un demi bol de soupe fumante.

-« Tu en as mis du temps ! » S’exclame le natté quand il lui donne la tasse.

-« Il faut descendre au sous-sol, au cuisine ! » Précise Heero en se réinstallant comme avant de partir pour finir son repas.

-« Je croyais qu’on pouvait demander à notre service. » Avoue un peu penaud Maxwell, il ne se doutait pas qu’il allait faire courir autant son ami pour un simple bol de soupe.

-« Les plateaux de midi sont préparés en cuisine, ils sont livrés par le monte-charge. Les autres repas sont préparés par les infirmières. Bois, ça ne peut que tu faire du bien. » Dit Yuy en enlevant le couvercle thermique pour reprendre son repas abandonné.

-« Ce n’est pas froid au moins ? » S’inquiète Duo.

-« Même pas ! »

En silence, ils savourent leurs repas, ils reprennent de l’énergie. Maxwell lorgne bien vers le plateau repas de son ami, il ne s’était pas rendu compte qu’il avait tellement faim.

-« Je pourrais manger des solides dans combien de temps ? » S’informe le natté en déposant son bol vide. Il en aurait bien bu encore un, mais il n’allait pas demander à Heero maintenant qu’il savait où il l’envoyait.

Heero ne dit rien et coupe méthodiquement le bout qui reste de sa saucisse de campagne pour en faire des minuscules morceaux pas plus gros qu’un poids cassé.

Maxwell le regarde faire intrigué, il ne reste bientôt plus rien de la saucisse qu’un tas de charpie de viande, après le métis prend le reste de sa potée aux carottes, de la valeur d’une cuillère à soupe qu’il écrase avant d’y mélanger les bouts de viande.

Sur sa fourchette, Yuy y met un peu de cette mixture.

-« Si tout ce que tu as mangé passe, je crois bien qu’on pourra enlever ta perfusion ce soir. » Lui dit-il en tendant le tout vers la bouche du natté.

-« Ro’ je peux manger seul ! » Dit Duo en cherchant à prendre la fourchette qu’Heero éloigne de sa main.

Une quinte de toux reprend l’hospitalisé.

-« Purée ça fait mal ! » Jure l’ex-02 en se pliant en deux avant de se redresser rapidement sous la tension qu’il ressent sous les omoplates.

-« Tu vois, tu aurais eu la fourchette, tu aurais renversé ta pitance ! » Raille Yuy.

Duo fusille le métis du regard devant le sarcasme qu’il entend dans la voix.

-« Tu es un kaléidoscope toi ! De petit soin à la langue de vipère ! » Arrive à dire Maxwell après les deux minutes qu’il lui a fallu pour reprendre son souffle.

Yuy dépose la fourchette sur l’assiette et prend l’avant-bras afin de reprendre la pression sur le point d’acupuncture.

-« Allez mange comme un grand ! » Sourit le brun.

-« Sale gosse ! » Persifle Duo.

Heero lui caresse la joue avec sa main libre et lui fait un grand sourire.

-« La première fois que tu me l’as sorti, j’ai bien cru que j’allais t’abattre ! » Avoue Yuy en regardant son ami dans les yeux.

-« Je ne sais pas pour qui tu te prenais, me donner des ordres comme si j’étais le pire des crétins, tu snobais tout le monde avec ta suprématie, tu m’énervais, je voulais que tu le saches, tu avais mon âge, vécu autant que moi ! » Explique Maxwell entre deux bouchées.

-« On m’a toujours traité comme un adulte, les gosses s’étaient vous et surtout toi, pas moi. Tu te rends compte de l’insulte. » Rit Heero.

-« Personne ne me donnait plus d’ordre depuis mes huit ans, ce n’était pas un petit merdeux qui allait recommencer ! » Continue de se justifier le natté.

-« C’est ça que j’ai toujours apprécié chez toi, les uns disent que tu manques d’éducation, moi j’aime ta franchise, ta droiture ! » Avoue tendrement Yuy en regardant son ami finir de manger sa minuscule potée.

-« Je me suis fait tout seul et j’en suis fier ! »

-« Tu peux être fier ! Tu n’as pas mal à l’estomac ? » S’informe le métis quand Duo dépose l’assiette et la fourchette sur la table de nuit.

-« Non, maman poule. » Sourit le châtain en s’appuyant un peu sur le dossier. 

Il se sent bien, il y a un moment qu’il ne s’est pas senti aussi bien, sans douleur trop forte.

-« Bien, j’appelle Chloé qu’elle t’amène le reste de tes médicaments. » Dit le brun en tendant la main vers le bouton d’appel, mais Maxwell l’arrête et lui demande d’une voix pas très rassurée.

-« Et c’est quoi ? »

-« Un aérosol pour liquéfier les glaires de tes poumons, ce qui va t’aider à les éliminer et surtout t’empêcher de tousser. »

En attendant la jeune femme, Heero débarrasse la table de chevet de leurs repas. L’infirmière arrive avec un masque, un peu de liquide dans un petit réceptacle en dessous du masque. Elle branche le long tuyau à une prise sur le mur derrière Duo. Puis Chloé met le masque en place après avoir enlevé le tube à oxygène que Maxwell avait toujours dans le nez.

-« Quand il n’y a plus de liquide, c’est fini. Il n’y a pas besoin de remettre l’oxygène. » Explique la jeune femme en poussant sur un interrupteur et l’aérosol se met en route dégageant un petit nuage que le châtain inhale. « Vous avez mangé ? » Demande-t-elle en regardant son patient.

-« Un bol de soupe en deux fois et une mini-potée aux carottes ! » Sourit le natté en regardant Heero.

-« Je vais enlever votre perfusion alors ! » Dit l’infirmière en venant se mettre sur la gauche du jeune homme.

-« On peut enlever aussi la pompe à morphine ? » Questionne Maxwell plein d’espoir.

-« Duo ! » S’indigne Yuy.

-« Il n’y a pas d’autres antidouleurs ? » Demande le châtain espérant une réponse positive.

-« J’enlève déjà la perfusion et je vais demander au docteur de repasser pour arranger ce problème avec vous ! » Dit Chloé en tirant la perfusion, puis elle met un sparadrap sur la petite plaie.

Duo se retrouve avec deux emplâtres ronds, l’un à côté de l’autre. L’infirmière reprend tout son nécessaire ainsi que la seringue vide.

µµµ

Sally arrive fin d’après-midi, juste au moment du café.

-« Chloé m’a prévenu que tu voulais me voir, mais que ce n’était pas urgent ! » Commence le médecin en guise d’excuse.

-« Je voudrais qu’on enlève la pompe à morphine, je ne veux plus de ce truc, il n’y a pas d’autres antidouleurs ? » Questionne d’une voix ferme et décidée Maxwell, parce que cette fois-ci il voulait qu’on la retire.

-« Je ne sais pas s’ils seront suffisants ! » Tente Po.

-« Et si la prochaine fois que j’ai trop mal, on essaie ? Sally, ça me fait peur ! C’est de la drogue ! » Essaie le natté, il y a vraiment de la panique et de la détresse dans sa voix, puis du reproche quand il reprend. « En plus vous l’actionnez contre ma volonté. »

-« Je crois que chaque fois qu’Heero l’a fait, tu n’étais pas en état de décider. Quand tu souffres, ton cœur trinque, ce n’est pas mieux tu sais ! » Explique posément le médecin.

-« Sally, laisse-le essayer avec autre chose. » Intervient le métis.

-« Tous les comprimés vont mettre beaucoup plus de temps à agir ! » Continue d’argumenter Sally pas très chaude pour qu’on supprime déjà la pompe, surtout avec la crise du matin.

-« En intraveineuse ? » Propose Yuy.

-« On vient de lui ôter sa perfusion. » Rappelle Po, un ton un rien critique. Ca l'énervait un rien toutes ses complications.

-« Je préfère encore souffrir un peu plus s’il faut prendre des comprimés. Je ne veux plus de la pompe et de cette drogue. » Supplie Maxwell avant d’agresser du regard l’appareil auquel il est encore raccordé comme s’il était responsable de la douleur.

-« Je la laisse en essayant avec des comprimés si tu souffres et demain si tu n’as pas eu trop mal, si tu as supporté, je l’enlève en même temps que les drains. » Propose comme solution le médecin pour contenter tout le monde, si les douleurs étaient trop violentes, elle préférait laisser ce moyen de le soulager.

-« Merci Sally. » Sourit le châtain heureux du compromis.

-« Je te fais amener des comprimés, n’en abuse pas pour qu’on enlève la pompe ! » Menace Po.

-« Sally ! Il a peur de l’accoutumance, de n’importe laquelle. Il ne va pas se goinfrer d’anti-douleur ! » Sourit Yuy à la remarque du médecin.

La jeune femme partie, Duo tend son bras à son ami.

-« Ca recommence à lancer ! » Avoue Maxwell.

Le brun ne se fait pas prier pour accéder à la demande.

-« Où as-tu appris à faire ça ? » Demande le natté sentant la douleur diminuer.

-« J’ai rencontré, il y a six mois un médecin des médecines douces : l’acupuncture, l’acupression qui en est un dérivé puisqu’on n’utilise pas d’aiguille et également l’homéopathie. Il donne des cours de yoga aux enfants à l’hôpital. » Commence le métis tout en pressant le bon point.

-« Et ? » Demande Duo intrigué par le début de l’explication.

-« Il donne aussi des cours de self défense à l’extérieur. J’y ai participé. » Avoue mal à l’aise Heero.

-« Pourquoi ? » S’étonne Maxwell.

-« On m’a appris les gestes qui tuent Duo ! Pas les gestes qui neutralisent sans faire mal à mon agresseur ! Je ne suis plus une machine de guerre. Il faut que j’apprenne d’autres réflexes ! » Remarque fébrilement Yuy en oubliant presque de presser le point d’acupuncture.

Duo sourit au jeune homme et l’encourage à continuer.

-« Et je me suis fait mal au dos en retenant mes coups ! »

-« Oh ! »

-« Derek, puisque c’est son prénom, m’a alors pris la main et pressé un point entre la jonction du majeur et de l’annulaire. J’ai senti la douleur diminuer rapidement. Il a commencé à m’expliquer le principe de l’acupuncture par pression. »

-« Si je te suis bien, c’est un hasard pour mon dos ! » Dit Maxwell en fronçant les sourcils sous cette révélation.

-« Je voulais juste te soutenir et j’ai pressé le bon point. Chaque fois que je te lâchais la main, tu te crispais, je la gardais pour te soulager. J’ai cru longtemps que c’était de ne pas être seul dans l’épreuve. Surtout qu’on a beaucoup parlé cette nuit là. Et que j’ai découvert un garçon aux multiples facettes » Avoue Heero en souriant à son ami.

-« Et moi que tu n’étais pas si présomptueux que ça, qu’il y avait un cœur sous ton attitude froide, quelqu’un qui se protégeait comme il pouvait, qui voulait se faire plus dure qu’il n’était en réalité, qui n’était pas si fort que ça non plus ! » Observe Duo en se grattant le menton.

-« Je ne suis pas une chiffe molle ! » S’offusque Yuy.

-« Non, la force physique n’est rien sans le mental. » Rectifie Maxwell.

-« Je le sais ça que tu es bien plus fort que moi. Je te battrai toujours physiquement mais je n’aurai jamais ta force mentale. Je ne suis pas persuadé que j’aurai survécu à ton enfance. » Assure le brun.

-« Moi, je sais que si ! » Affirme en souriant le natté.

-« Tu as plus confiance dans mes capacités que moi alors ! » Dit le métis en relâchant le point d’acupuncture.

-« On apprend des épreuves. » Lui dit tendrement Duo.

La porte s’ouvre sur l’infirmière Catherine qui vient déposer des cachets sur la table de nuit, ainsi qu’un verre et une bouteille d’eau.

-« Il faut un repas de plus ce soir ? » Demande-t-elle d’un ton sec à Maxwell.

-« Non deux, répond sarcastique le natté. Vu que vous n’en avez jamais amené ! »

La jeune femme s’en va en marmonnant entre ses dents.

-« Arrête de la chercher. » Lui dit Yuy du plaisir dans la voix d’avoir vu son ami remettre une fois de plus l’infirmière à sa place.

-« Tu crois qu’elle est comme ça avec tout le monde ? » Questionne le châtain en se réinstallant mieux dans son lit.

-« Je ne crois pas sinon, elle aurait des réclamations. On l’aurait déjà virée ou changée de service. »

µµµ

Heero a prévu de partir à 20 heures comme l’autre fois, mais avant de quitter son ami, il a l’intention de lui faire avaler un cachet d’antalgique.

Duo n’a pas fait grand chose entre ses aérosols et leurs discussions entrecoupées par des séances d’acupuncture.

Yuy regarde sa montre, il est 19h45, il est temps d’attaquer.

-« Ca va aller cette nuit ? » S’inquiète le métis.

-« Oui, va dormir, tu en as besoin. » Affirme le natté en retenant un bâillement.

-« Toi aussi, tu sais. » Observe le brun.

-« Tu veux bien recoucher mon lit avant de partir ? » Demande Duo en se redressant pour facilité la tâche à son ami.

Heero se lève et se rend à l’arrière du lit pour l’abaisser. Il en profite pour vérifier le sac de la sonde urinaire.

-« Tu as encore un aérosol à faire avant de pouvoir dormir ? » Demande Yuy en s’asseyant sur le bord du lit.

-« Non, j’en ai eu un à 19h30, Catherine a dit que c’était fini ! » Dit Duo en voulant s’adosser au lit, il s’étonne que le métis l’en empêche en le retenant par l’avant-bras.

-« Je veux que tu dormes, tu vas me prendre un antidouleur maintenant ou je reste la nuit pour te faire un massage toutes les demi-heures comme pendant la journée ! » Annonce Heero en plantant son regard bleu acier dans ceux de Maxwell.

-« Ro ! »

-« Tu veux qu’on enlève la pompe à morphine demain ? Alors prends en un maintenant et passes une bonne nuit ! » Argumente fermement le métis.

-« Je n’ai pas trop mal pour l’instant ! » Tente le natté ne voulant pas abuser des médicaments.

-« Tu es encore sous l’effet du dernier massage. » Dit Heero en lui tendant un cachet et le verre d’eau. « Allez prends-le après je t’aide à te coucher. »

Duo le met en bouche en fusillant Yuy du regard, puis il prend le verre d’eau que lui tend toujours le brun. Quand il l’a vidé, le natté ouvre la bouche en grand.

-« Tu vois, je l’ai avalé ! » Gronde l’hospitalisé toujours le regard mauvais.

-« Ce n’est pas pour t’ennuyer ! » Dit Heero en mettant sa main dans le dos de son ami pour l’aider à se coucher. « Tu restes sur le dos ou tu te mets sur le côté ? »

-« Côté ! Mais ça va aller Ro ! » Dit radouci Maxwell. « Tu préviens les infirmières que je dors en partant ! » Quémande-t-il quand le métis arrive à la porte.

-« Bien sûr ! A demain Duo. »

-« Passes une bonne nuit ! » Bâille le châtain en s’enfonçant un peu plus dans le lit.

-« Toi aussi ! » Déclare Heero en fermant doucement la porte et coupant la lumière de la chambre.

A Suivre…

Chap 15 - Chap 17

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