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Disclaimer
: Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j’essaye de ne pas
les
abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres
personnages sont ma propriété et mon invention.
Genre
: friendship, romance, hurt/confort, un peu médical également
Rating
: T
Acteurs
:
Heero, Duo, Wufei, Sally.
Bêta
auditrice :
Tenshimizu.
Chapitre
16
Le
jeudi 14 septembre AC 198
C’est
à regret qu’hier, Heero a laissé Duo pour la nuit, mais il lui
avait
promis. Quand il revient à 10H, il trouve Maxwell dans son lit couché
comme le
premier jour, les traits tirés et raccordé à l’oxygène, alors que Sally
l’avait
enlevé à l’auscultation de la veille pour ne plus la remettre. La table
de nuit
se trouve contre le mur de manière à laisser de la place aux
infirmières pour
les soins.
Chloé
arrive juste derrière le métis.
-«
Il a été pris d’une forte toux durant la nuit déclenchant à nouveau des
douleurs plus fortes. Jessica a essayé de le soulager mais rien n’y a
fait ! »
S’excuse presque l’infirmière.
-«
La pompe à morphine ? » Demande Yuy le regard fixé sur son ami qui
ruisselle de
sueur.
-«
Il n’en veut pas, il garde le bouton en main pour nous empêcher
l’accès.
Qu’est-ce que je peux détester ce nouveau système, avant il y avait
aussi un
bouton sur la pompe en elle-même, on pouvait agir en dehors du patient
quand
c’était nécessaire. » Argumente la jeune femme en secouant la tête
d’impuissance.
C’est
vrai aussi qu’il y avait eu des abus aussi bien du personnel ou de la
famille.
Des surdosages à des mauvais moments qui faisaient qu’on n’avait plus
de dose
disponible en cas de vrai nécessité. C’était un des raisons qui avait
poussé
l’invention de ce système à bouton unique, mais qui était dans ce
cas-ci à
double tranchant.
Heero
s’avance vers le lit et s’assied sur la chaise qui a été remise sur le
côté
gauche de la pièce. Il relève la frange trempée de sueur avant de tirer
à lui
l’avant-bras droit. Il regarde si on voit encore sa marque et il met
son index
dessus pour commencer son massage.
-«
Allez donne-moi ce bouton qu’on puisse te soulager. » Sollicite
affectueusement le métis.
Maxwell
secoue légèrement la tête et referme la main gauche encore plus sur le
bouton.
Chloé regarde la perfusion puis le dossier.
-«
Ce n’est pas normal ! » Dit-elle.
Le
brun la regarde pour avoir une réponse.
-«
La perfusion ne s’écoule plus, la veine doit s’être bouchée, s’il ne
mange pas,
il faut que je déplace l’embout ! »
Yuy
se lève pour laisser la place à l’infirmière sans pour autant arrêter
son
massage.
-«
Le docteur Po a été prévenu ? » Interroge Heero.
-«
Oui dès qu’elle arrive à l’hôpital, elle viendra le voir, mais elle ne
peut pas
faire beaucoup plus que nous. » Après avoir cherché une veine plus haut
sur la
main gauche de Duo, Chloé remet la perfusion qui s’écoule à nouveau
convenablement.
L’ex-01
se rassied.
Sally
arrive au moment où Maxwell a à nouveau une quinte de toux qu’il essaie
de
contrôler pour limiter ses douleurs. Le métis se sent de plus en plus
impuissant.
-«
Il en est à combien de doses de morphine ? » Demande le médecin devant
l’état
de son patient.
-«
Il n’en a plus eu depuis la nuit de mardi à mercredi. » Répond
l’infirmière.
-«
Où est le bouton de la pompe ? » Demande Po le cherchant du regard
autour du
lit.
-«
Dans la main de Duo pour nous empêcher de l’actionner ! » Soupire Heero
en
continuant à tenter de soulager son ami grâce au point de pression.
-«
Duo ! Donne-le-moi ! » Ordonne le médecin.
-«
Non. » Dit Maxwell pourtant c’est plus un cri chétif qu’autre chose.
-«
Enfin, il n’y a pas d’accoutumance physique puisque c’est contre la
douleur.
C’est prouvé par des études, des patients qui l’utilisent bien plus que
toi
n’en réclament plus après l’hospitalisation ! » Argumente en désespoir
de cause
Sally.
-«
Et psychique ? » Demande le natté encore plus en sueur qui halète aussi
un
petit peu ce qui déclenche une autre quinte de toux.
Les
traits de Duo se décomposent. Yuy lâche le bras et se lève brusquement,
la
chaise en tombe.
-«
S’il n’était pas si contracté, il respirait déjà mieux, il tousserait
moins ! »
Commence la doctoresse impuissante devant l’entêtement de son patient.
-«
Et il aurait moins mal ! » Finit Yuy.
Le
métis prend le médecin par les épaules pour la déplacer et pouvoir
accéder à la
hauteur du visage de son ami. Il s’agenouille pour que le natté le voit
et il
tend la main droite près de la gauche du châtain.
-«
Duo ! Donne-moi ce bouton ! » Exige Heero, son regard est glacial, sa
voix
cassante et déterminée.
-«
Tu ne vas pas l’utiliser ? » Supplie Duo quand la toux est contrôlée,
il n’a
presque plus de force dans le timbre.
-«
Si, donne-le-moi ! Je ne supporte plus de te voir souffrir, si tu ne
me le
donnes pas, je le prends. »
Maxwell
hésite toujours quand il voit Yuy se redresser et mettre la main gauche
sur son
poignet, sentant la pression se faire au niveau de son poignet et les
doigts du
métis glisser dans les siens. Duo n’a pas trop le choix, il sait que
son ami ne
reculera pas cette fois, il ouvre la main et le bouton tombe sur le lit.
Heero
le ramasse, le presse deux fois et le met hors de portée du natté avant
de se
rabaisser à sa hauteur et de lui caresser le visage.
-«
Ca va aller maintenant Duo ! » Murmure le brun et doucement il reprend
l’avant-bras droit et presse la marque. Chloé lui ramène la chaise
alors que
Yuy est insensible aux autres, il ne pense qu’à soulager son ami.
Sally
respire mieux.
-«
Je vais lui prescrire des aérosols pour l’aider à évacuer les glaires
et les
secrétions. Il a eu sa piqûre contre les phlébites ? » Demande Po en se
tournant vers l’infirmière.
-«
Oui ce matin, par contre il n’a pas encore repris son tamoxifen depuis
qu’il
est là. » Explique Chloé.
-«
Il va falloir l’injecter, s’il ne veut pas s’alimenter normalement. »
Regrette
le médecin.
Des
larmes glissent silencieusement sur les joues du natté, rendant Heero
encore
plus tendre avec son ami, lui caressant le visage et déposant des
petits
baisers sur le front couvert de sueur.
Le
téléphone de Maxwell sonne dans la table de nuit, comme ni Duo, ni
Heero ne
bougent pour le prendre, Sally se déplace pour répondre.
-«
Allô ! »
-«
Le Gsm de Duo » Répond Po.
-«
C’est Hilde, Wufei a déjà essayé ce matin ! Ne me dites pas qu’il y a
un
problème ! » Panique la brune.
-«
Non, Hilde, c’est seulement des douleurs normales ! » Rassure la
doctoresse.
Elle entend un reniflement d’Heero qui lui signifie que pour lui ce
n’est pas
normal de souffrir comme ça. « Il peut encore avoir des hauts et de bas
comme
ça pendant trois jours. » Continue le médecin.
-«
Il y a un problème qu’elle essaie de joindre Duo ? » Demande Yuy se
faisant
l’intermédiaire d’un Maxwell qui ne pense plus à sa société mais
seulement à ne
pas faire des mouvements qui réveilleraient la douleur qui s’estompe
lentement.
Sally
pose la question à la jeune femme et enclenche le haut-parleur.
-«
Non, on voulait avoir des nouvelles surtout que Wufei a dû lui
raccrocher au
nez hier matin. On peut lui parler ? » S’informe la brune.
Rassurer
le métis sourit en voyant que Duo se détendre, il se sent soulager
aussi.
-«
Oui Hilde, il sonnera quand il aura moins mal. » Dit le médecin en
raccrochant.
« Bon, je vous laisse. Duo tu dois boire et manger. Deux jours ça
devient
beaucoup sans t’alimenter. »
-«
Pas envie, pas bouger ! » Murmure Maxwell.
-«
Ce n’est pas une question d’envie Duo, mais une obligation. » Dit Po
plus
fermement à la porte de la chambre avant de rejoindre Chloé qui attend
dans le
couloir pour avoir les ordonnances et pouvoir commander les médicaments
pour
son patient.
µµµ
Vers
11H30, les traits de Duo sont détendus, il s’est enfin endormi pour le
plus
grand soulagement d’Heero.
Chloé
amène le repas pour Yuy ainsi qu’un litre de Yaourt à boire que le brun
lui
avait demandé pour le natté.
La
jeune femme change les pochettes de la perfusion qui est presque vide,
celle de
la sonde qui est pleine, avant de déposer une seringue sur la table de
nuit.
-«
Quand il se réveille vous pouvez la vider dans l’attache de la
perfusion à sa
main, comme pour Malika. C’est son tamoxifen, il sait ce que c’est, il
ne
devrait pas faire de problème au moment de l’injection. Dès qu’il
voudra bien
se redresser, il a des aérosols à faire, appelle. » Murmure
l’infirmière.
-«
Merci pour tout ! »
Heero
lâche le point d’acupuncture et commence à manger son repas tout en
gardant un
œil rivé sur le natté.
-«
Ca sent bon ! » Dit Duo les yeux toujours fermés.
-«
C’est une soupe aux cerfeuils, tu en veux ? » Questionne le brun en
déposant le
bol sur le plateau repas.
-«
Je ne veux pas t’en priver. »
-«
Le repas tu ne l’auras pas, tu n’as pas encore l’autorisation de manger
du
solide. Puisse que tu ne manges pas régulièrement. » Argumente Yuy en
se
redressant sur sa chaise.
-«
C’est quoi le repas ? Je n’identifie pas à l’odeur. »
-«
Saucisse et potée aux carottes. »
-«
Tu veux bien m’aider à me redresser ? » Demande Maxwell en ouvrant les
yeux.
Yuy
se lève et s’avance vers Duo pour lui passer un bras sous l’aisselle et
le
soulever le temps qu’il redresse le sommier de deux crans, puis
doucement, il
le dépose toujours légèrement allongé sur le côté. Mais au moins
maintenant il
est au trois-quarts assis. Heero vient s’asseoir sur le lit et prend la
seringue, ouvre la petite vanne sur l’attache de la perfusion pour lui
donner
sa médication.
-«
C’est ton tamoxifen ! » Dit-il avant de l’injecter, puis Yuy prend le
bol de
soupe et avance la cuillère pour aider Duo à boire.
A
la troisième, Maxwell se tourne lentement pour se mettre sur le dos, il
a bien
les traits qui se crispent, mais il continue son effort. Il ferme les
yeux pour
contrôler les douleurs qui l’assaillent.
Quand
le natté rouvre les yeux, il a un sourire victorieux.
-«
Donne-moi le bol que tu puisses manger ! » Propose-t-il une fois assis
convenablement.
Le
métis lui tend le demi-bol avec un sourire complice. Il ne quitte pas
le lit
pour autant, il tourne simplement la table de chevet pour commencer à
manger.
-«
Elle est délicieuse cette soupe, elle a un goût de trop peu ! Tu crois
que je
peux en avoir un autre ? » Demande Maxwell en arrivant à la fin de son
bol
après dix minutes.
-«
J’y vais ! »
Yuy
prend le bol des mains de son ami, remet le couvercle thermique sur son
repas
inachevé et s’en va. Il revient après quinze minutes avec un demi bol
de soupe
fumante.
-«
Tu en as mis du temps ! » S’exclame le natté quand il lui donne la
tasse.
-«
Il faut descendre au sous-sol, au cuisine ! » Précise Heero en se
réinstallant
comme avant de partir pour finir son repas.
-«
Je croyais qu’on pouvait demander à notre service. » Avoue un peu
penaud
Maxwell, il ne se doutait pas qu’il allait faire courir autant son ami
pour un
simple bol de soupe.
-«
Les plateaux de midi sont préparés en cuisine, ils sont livrés par le
monte-charge. Les autres repas sont préparés par les infirmières. Bois,
ça ne
peut que tu faire du bien. » Dit Yuy en enlevant le couvercle thermique
pour
reprendre son repas abandonné.
-«
Ce n’est pas froid au moins ? » S’inquiète Duo.
-«
Même pas ! »
En
silence, ils savourent leurs repas, ils reprennent de l’énergie.
Maxwell
lorgne
bien vers le plateau repas de son ami, il ne s’était pas rendu compte
qu’il
avait tellement faim.
-«
Je pourrais manger des solides dans combien de temps ? » S’informe le
natté en
déposant son bol vide. Il en aurait bien bu encore un, mais il n’allait
pas
demander à Heero maintenant qu’il savait où il l’envoyait.
Heero
ne dit rien et coupe méthodiquement le bout qui reste de sa saucisse de
campagne pour en faire des minuscules morceaux pas plus gros qu’un
poids cassé.
Maxwell
le regarde faire intrigué, il ne reste bientôt plus rien de la saucisse
qu’un tas de
charpie de viande, après le métis prend le reste de sa potée aux
carottes, de
la valeur d’une cuillère à soupe qu’il écrase avant d’y mélanger les
bouts de
viande.
Sur
sa fourchette, Yuy y met un peu de cette mixture.
-«
Si tout ce que tu as mangé passe, je crois bien qu’on pourra enlever ta
perfusion ce soir. » Lui dit-il en tendant le tout vers la bouche du
natté.
-«
Ro’ je peux manger seul ! » Dit Duo en cherchant à prendre la
fourchette
qu’Heero éloigne de sa main.
Une
quinte de toux reprend l’hospitalisé.
-«
Purée ça fait mal ! » Jure l’ex-02 en se pliant en deux avant de se
redresser
rapidement sous la tension qu’il ressent sous les omoplates.
-«
Tu vois, tu aurais eu la fourchette, tu aurais renversé ta pitance ! »
Raille
Yuy.
Duo
fusille le métis du regard devant le sarcasme qu’il entend dans la voix.
-«
Tu es un kaléidoscope toi ! De petit soin à la langue de vipère ! »
Arrive à
dire Maxwell après les deux minutes qu’il lui a fallu pour reprendre
son
souffle.
Yuy
dépose la fourchette sur l’assiette et prend l’avant-bras afin de
reprendre la
pression sur le point d’acupuncture.
-«
Allez mange comme un grand ! » Sourit le brun.
-«
Sale gosse ! » Persifle Duo.
Heero
lui caresse la joue avec sa main libre et lui fait un grand sourire.
-«
La première fois que tu me l’as sorti, j’ai bien cru que j’allais
t’abattre ! »
Avoue Yuy en regardant son ami dans les yeux.
-«
Je ne sais pas pour qui tu te prenais, me donner des ordres comme si
j’étais le
pire des crétins, tu snobais tout le monde avec ta suprématie, tu
m’énervais,
je voulais que tu le saches, tu avais mon âge, vécu autant que moi ! »
Explique
Maxwell entre deux bouchées.
-«
On m’a toujours traité comme un adulte, les gosses s’étaient vous et
surtout
toi, pas moi. Tu te rends compte de l’insulte. » Rit Heero.
-«
Personne ne me donnait plus d’ordre depuis mes huit ans, ce n’était pas
un
petit merdeux qui allait recommencer ! » Continue de se justifier le
natté.
-«
C’est ça que j’ai toujours apprécié chez toi, les uns disent que tu
manques
d’éducation, moi j’aime ta franchise, ta droiture ! » Avoue tendrement
Yuy en
regardant son ami finir de manger sa minuscule potée.
-«
Je me suis fait tout seul et j’en suis fier ! »
-«
Tu peux être fier ! Tu n’as pas mal à l’estomac ? » S’informe le métis
quand
Duo dépose l’assiette et la fourchette sur la table de nuit.
-« Non, maman poule. » Sourit le châtain en s’appuyant un peu sur le dossier.
Il
se sent bien, il y a un moment qu’il ne s’est pas senti aussi
bien,
sans douleur trop forte.
-«
Bien, j’appelle Chloé qu’elle t’amène le reste de tes médicaments. »
Dit le brun
en tendant la main vers le bouton d’appel, mais Maxwell l’arrête et lui
demande
d’une voix pas très rassurée.
-«
Et c’est quoi ? »
-«
Un aérosol pour liquéfier les glaires de tes poumons, ce qui va t’aider
à les
éliminer et surtout t’empêcher de tousser. »
En
attendant la jeune femme, Heero débarrasse la table de chevet de leurs
repas.
L’infirmière arrive avec un masque, un peu de liquide dans un petit
réceptacle
en dessous du masque. Elle branche le long tuyau à une prise sur le mur
derrière Duo. Puis Chloé met le masque en place après avoir enlevé le
tube à
oxygène que Maxwell avait toujours dans le nez.
-«
Quand il n’y a plus de liquide, c’est fini. Il n’y a pas besoin de
remettre
l’oxygène. » Explique la jeune femme en poussant sur un interrupteur et
l’aérosol se met en route dégageant un petit nuage que le châtain
inhale. «
Vous avez mangé ? » Demande-t-elle en regardant son patient.
-«
Un bol de soupe en deux fois et une mini-potée aux carottes ! » Sourit
le natté
en regardant Heero.
-«
Je vais enlever votre perfusion alors ! » Dit l’infirmière en venant se
mettre
sur la gauche du jeune homme.
-«
On peut enlever aussi la pompe à morphine ? » Questionne Maxwell plein
d’espoir.
-«
Duo ! » S’indigne Yuy.
-«
Il n’y a pas d’autres antidouleurs ? » Demande le châtain espérant une
réponse
positive.
-«
J’enlève déjà la perfusion et je vais demander au docteur de repasser
pour
arranger ce problème avec vous ! » Dit Chloé en tirant la perfusion,
puis elle
met un sparadrap sur la petite plaie.
Duo
se retrouve avec deux emplâtres ronds, l’un à côté de l’autre.
L’infirmière
reprend tout son nécessaire ainsi que la seringue vide.
µµµ
Sally
arrive fin d’après-midi, juste au moment du café.
-«
Chloé m’a prévenu que tu voulais me voir, mais que ce n’était pas
urgent ! »
Commence le médecin en guise d’excuse.
-«
Je voudrais qu’on enlève la pompe à morphine, je ne veux plus de ce
truc, il
n’y a pas d’autres antidouleurs ? » Questionne d’une voix ferme et
décidée
Maxwell, parce que cette fois-ci il voulait qu’on la retire.
-«
Je ne sais pas s’ils seront suffisants ! » Tente Po.
-«
Et si la prochaine fois que j’ai trop mal, on essaie ? Sally, ça me
fait peur !
C’est de la drogue ! » Essaie le natté, il y a vraiment de la panique
et de la
détresse dans sa voix, puis du reproche quand il reprend. « En plus
vous
l’actionnez contre ma volonté. »
-«
Je crois que chaque fois qu’Heero l’a fait, tu n’étais pas en état de
décider.
Quand tu souffres, ton cœur trinque, ce n’est pas mieux tu sais ! »
Explique
posément le médecin.
-«
Sally, laisse-le essayer avec autre chose. » Intervient le métis.
-«
Tous les comprimés vont mettre beaucoup plus de temps à agir ! »
Continue
d’argumenter Sally pas très chaude pour qu’on supprime déjà la pompe,
surtout
avec la crise du matin.
-«
En intraveineuse ? » Propose Yuy.
-«
On vient de lui ôter sa perfusion. » Rappelle Po, un ton un rien
critique. Ca l'énervait un rien toutes ses complications.
-«
Je préfère encore souffrir un peu plus s’il faut prendre des comprimés.
Je ne
veux plus de la pompe et de cette drogue. » Supplie Maxwell avant
d’agresser du
regard l’appareil auquel il est encore raccordé comme s’il était
responsable de
la douleur.
-«
Je la laisse en essayant avec des comprimés si tu souffres et demain si
tu n’as
pas eu trop mal, si tu as supporté, je l’enlève en même temps que les
drains. »
Propose comme solution le médecin pour contenter tout le monde, si les
douleurs
étaient trop violentes, elle préférait laisser ce moyen de le soulager.
-«
Merci Sally. » Sourit le châtain heureux du compromis.
-«
Je te fais amener des comprimés, n’en abuse pas pour qu’on enlève la
pompe ! »
Menace Po.
-«
Sally ! Il a peur de l’accoutumance, de n’importe laquelle. Il ne va
pas se
goinfrer d’anti-douleur ! » Sourit Yuy à la remarque du médecin.
La
jeune femme partie, Duo tend son bras à son ami.
-«
Ca recommence à lancer ! » Avoue Maxwell.
Le
brun ne se fait pas prier pour accéder à la demande.
-«
Où as-tu appris à faire ça ? » Demande le natté sentant la douleur
diminuer.
-«
J’ai rencontré, il y a six mois un médecin des médecines douces :
l’acupuncture, l’acupression qui en est un dérivé puisqu’on n’utilise
pas
d’aiguille et également l’homéopathie. Il donne des cours de yoga aux
enfants à
l’hôpital. » Commence le métis tout en pressant le bon point.
-«
Et ? » Demande Duo intrigué par le début de l’explication.
-«
Il donne aussi des cours de self défense à l’extérieur. J’y ai
participé. »
Avoue mal à l’aise Heero.
-«
Pourquoi ? » S’étonne Maxwell.
-«
On m’a appris les gestes qui tuent Duo ! Pas les gestes qui
neutralisent sans
faire mal à mon agresseur ! Je ne suis plus une machine de guerre. Il
faut que
j’apprenne d’autres réflexes ! » Remarque fébrilement Yuy en oubliant
presque
de presser le point d’acupuncture.
Duo
sourit au jeune homme et l’encourage à continuer.
-«
Et je me suis fait mal au dos en retenant mes coups ! »
-«
Oh ! »
-«
Derek, puisque c’est son prénom, m’a alors pris la main et pressé un
point
entre la jonction du majeur et de l’annulaire. J’ai senti la douleur
diminuer
rapidement. Il a commencé à m’expliquer le principe de l’acupuncture
par
pression. »
-«
Si je te suis bien, c’est un hasard pour mon dos ! » Dit Maxwell en
fronçant
les sourcils sous cette révélation.
-«
Je voulais juste te soutenir et j’ai pressé le bon point. Chaque fois
que je te
lâchais la main, tu te crispais, je la gardais pour te soulager. J’ai
cru
longtemps que c’était de ne pas être seul dans l’épreuve. Surtout qu’on
a
beaucoup parlé cette nuit là. Et que j’ai découvert un garçon aux
multiples
facettes » Avoue Heero en souriant à son ami.
-«
Et moi que tu n’étais pas si présomptueux que ça, qu’il y avait un cœur
sous
ton attitude froide, quelqu’un qui se protégeait comme il pouvait, qui
voulait
se faire plus dure qu’il n’était en réalité, qui n’était pas si fort
que ça non
plus ! » Observe Duo en se grattant le menton.
-«
Je ne suis pas une chiffe molle ! » S’offusque Yuy.
-«
Non, la force physique n’est rien sans le mental. » Rectifie Maxwell.
-«
Je le sais ça que tu es bien plus fort que moi. Je te battrai toujours
physiquement mais je n’aurai jamais ta force mentale. Je ne suis pas
persuadé
que j’aurai survécu à ton enfance. » Assure le brun.
-«
Moi, je sais que si ! » Affirme en souriant le natté.
-«
Tu as plus confiance dans mes capacités que moi alors ! » Dit le métis
en
relâchant le point d’acupuncture.
-«
On apprend des épreuves. » Lui dit tendrement Duo.
La
porte s’ouvre sur l’infirmière Catherine qui vient déposer des cachets
sur la
table de nuit, ainsi qu’un verre et une bouteille d’eau.
-«
Il faut un repas de plus ce soir ? » Demande-t-elle d’un ton sec à
Maxwell.
-«
Non deux, répond sarcastique le natté. Vu que vous n’en avez jamais
amené ! »
La
jeune femme s’en va en marmonnant entre ses dents.
-«
Arrête de la chercher. » Lui dit Yuy du plaisir dans la voix d’avoir
vu son
ami remettre une fois de plus l’infirmière à sa place.
-«
Tu crois qu’elle est comme ça avec tout le monde ? » Questionne le
châtain en
se réinstallant mieux dans son lit.
-«
Je ne crois pas sinon, elle aurait des réclamations. On l’aurait déjà
virée ou
changée de service. »
µµµ
Heero
a prévu de partir à 20 heures comme l’autre fois, mais avant de quitter
son
ami, il a l’intention de lui faire avaler un cachet d’antalgique.
Duo
n’a pas fait grand chose entre ses aérosols et leurs discussions
entrecoupées
par des séances d’acupuncture.
Yuy
regarde sa montre, il est 19h45, il est temps d’attaquer.
-«
Ca va aller cette nuit ? » S’inquiète le métis.
-«
Oui, va dormir, tu en as besoin. » Affirme le natté en retenant un
bâillement.
-«
Toi aussi, tu sais. » Observe le brun.
-«
Tu veux bien recoucher mon lit avant de partir ? » Demande Duo en se
redressant
pour facilité la tâche à son ami.
Heero
se lève et se rend à l’arrière du lit pour l’abaisser. Il en profite
pour
vérifier le sac de la sonde urinaire.
-«
Tu as encore un aérosol à faire avant de pouvoir dormir ? » Demande Yuy
en
s’asseyant sur le bord du lit.
-«
Non, j’en ai eu un à 19h30, Catherine a dit que c’était fini ! » Dit
Duo en
voulant s’adosser au lit, il s’étonne que le métis l’en empêche en le
retenant
par l’avant-bras.
-«
Je veux que tu dormes, tu vas me prendre un antidouleur maintenant ou
je reste
la nuit pour te faire un massage toutes les demi-heures comme pendant
la
journée ! » Annonce Heero en plantant son regard bleu acier dans ceux
de
Maxwell.
-«
Ro ! »
-«
Tu veux qu’on enlève la pompe à morphine demain ? Alors prends en un
maintenant
et passes une bonne nuit ! » Argumente fermement le métis.
-«
Je n’ai pas trop mal pour l’instant ! » Tente le natté ne voulant pas
abuser
des médicaments.
-«
Tu es encore sous l’effet du dernier massage. » Dit Heero en lui
tendant un
cachet et le verre d’eau. « Allez prends-le après je t’aide à te
coucher. »
Duo
le met en bouche en fusillant Yuy du regard, puis il prend le verre
d’eau que
lui tend toujours le brun. Quand il l’a vidé, le natté ouvre la bouche
en
grand.
-«
Tu vois, je l’ai avalé ! » Gronde l’hospitalisé toujours le regard
mauvais.
-«
Ce n’est pas pour t’ennuyer ! » Dit Heero en mettant sa main dans le
dos de son
ami pour l’aider à se coucher. « Tu restes sur le dos ou tu te mets sur
le côté
? »
-«
Côté ! Mais ça va aller Ro ! » Dit radouci Maxwell. « Tu préviens les
infirmières que je dors en partant ! » Quémande-t-il quand le métis
arrive à la
porte.
-«
Bien sûr ! A demain Duo. »
-«
Passes une bonne nuit ! » Bâille le châtain en s’enfonçant un peu plus
dans le
lit.
-«
Toi aussi ! » Déclare Heero en fermant doucement la porte et coupant la
lumière
de la chambre.