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Disclaimer
: Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j’essaye de ne pas
les
abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres
personnages sont ma propriété et mon invention.
Genre
: friendship, romance, hurt/confort, un peu médical également
Rating
: T
Acteurs
:
Heero, Duo, Wufei, Quatre.
Bêta
auditrice :
Tenshimizu.
Lectrice
01 : Arlia
Eien
Chapitre
35
Le
jeudi 3 mai AC 199
A
9heures presque et quart, Maxwell passe la porte du bureau, il soupire
en
voyant le tas de papier sur son pupitre. Ca le déprime, il se sentait
si bien
hier soir en revenant des courses. Il n’a pas envie de reprendre le
travail,
mais il ne peut pas tout laisser à Heero, ce ne serait vraiment pas
juste.
Surtout qu’il est en état de le faire. Il doit bien justifier son
salaire, même
s’il l’a dit l’autre fois en rigolant, il le pense.
Le
voyant si mal dans sa peau, Yuy vient passer ses bras autour de la
taille de
son ami.
-«
Une fois que tu t’y seras mis, tu seras peut-être étonné que c’est
moins
dramatique que ça en a l’air. Et puis sinon je te donnerai un coup de
main au
soir si tu n’as pas fini. »
Duo
se retourne dans l’espace que lui laisse Heero entre ses bras pour lui
sourire
et le remercier. Le brun commence à l’embrasser, ils n’ont pas
profité
beaucoup l’un de l’autre avec la chimio du natté. L’ex-02 se recule en
le
repoussant légèrement.
-«
On pourrait nous surprendre. »
Maxwell
a à peine lâché sa phrase qu’il se referme et s’éloigne complètement du
métis.
-«
Je ne suis pas vexé, c’est vrai que ça ne fait pas professionnel. » Dit
le brun
pour rassurer son ami.
-«
Ce n’est pas ça ! » Répond froidement l’ex-02 en s’asseyant à son
bureau.
-« Ha bon ! » S’étonne Yuy.
Cependant, il a beau réfléchir, il ne comprend pas. Surtout
qu’il voit que Duo fuit de plus en plus son regard, qu’il s’occupe des
papiers
plus pour ne pas le regarder que parce qu’il travaille.
Le
brun n’hésite plus, il attrape le menton de Duo à travers le bureau
pour le
forcer à le regarder droit dans les yeux.
-«
Alors où est le problème ? » Demande Heero en fronçant les sourcils, le
regard
un peu plus noir.
-«
Tu n’es pas le problème, mais moi, c’est mon comportement que je
réprouve. »
Répond le perruqué en mettant sa main sur celle de Yuy pour qu’il le
lâche.
-«
Il n’a rien ton comportement ! » S’étonne encore plus le brun.
Il en
lâche le
menton du natté sous la pression.
-«
Ce n’est pas le lieu pour en discuter, j’ai du travail. » Gronde le
châtain, le
regard de plus en plus en colère.
-«
Tu ne t’en sortiras pas si facilement ! » S’impatiente Yuy en
rattrapant le
menton de Duo pour qu'il le regarde.
La
porte du hangar s’ouvre sur Bertrand, constatant la scène, il a un
moment
d’arrêt, il veut repartir quand son patron l’appelle.
-«
Qu’est-ce que tu voulais ? »
-«
Il n’y a plus de commandes à préparer, mais je vais démonter les pièces
qui
sont déjà dans le hangar » Répond simplement Vansbider en repartant.
Maxwell
se retourne et fusille du regard Yuy qui est toujours debout devant son
bureau,
les deux mains dessus.
-«
N’essaye même pas Duo ! Tu ne retourneras pas la situation à ton
avantage. Ce
n’est que Bertrand. » Gronde le brun.
-«
Tu ne comprends vraiment rien ! » Peste le natté en secouant la tête de
dépit.
-«
Explique-moi alors ! » Hausse le ton Heero se sentant de plus en plus
dépassé
par les évènements.
La
sonnette se fait entendre.
-«
Monsieur Ronaldo ! » Dit tout sourire l’ex-02.
Yuy
se redresse, prend deux, trois fax avant de partir vers le hangar.
-«
Des problèmes avec le personnel, monsieur Maxwell. »
-«
Non, le petit ami ! » Avoue le châtain en tendant sa main à travers le
bureau.
« Quel bon vent vous amène ? » Continue-t-il en rassemblant tous les
papiers
qui traînent sur son bureau en un tas, il triera après sa discussion.
-«
J’ai fini un chantier et j’ai de la ferraille en surplus, ainsi que des
poutres
tordues. » Explique Monsieur Ronaldo en s’asseyant à la deuxième chaise.
-« Combien de kilos ? »
-«
Presque 450kg. »
-«
Vous avez des photos où un endroit pour venir voir la marchandise ? »
Le
client, un homme d’une quarantaine d’années, les tempes grisonnantes,
un léger
embonpoint tend un cd-rom que Duo met directement dans son PC. Une
trentaine de
photos commencent à défiler devant ses yeux.
-«
Ca m’a l’air de la même qualité que la dernière fois ! » Admet Maxwell
après
avoir tout regardé.
-«
A peu de chose près oui. » Certifie l’homme.
-«
Bien, je vous en donne trois crédits le kilo comme la dernière fois. »
Propose
le natté après un moment de réflexion.
-«
Marché conclu, je vous l’amène la semaine prochaine. Il me faudrait un
lot de
tire-fond de vingt-cinq centimètres et de deux centimètres de diamètre.
»
Continue Monsieur Ronaldo après avoir tendu la main à Duo pour conclure
la
marché.
-«
Il vous en faudrait combien dans votre lot. » Sourit le natté, c’était
presque
la même discussion à chaque fois.
-«
Mille ce serait bien. » Admet le client.
-«
C’est juste pour savoir, vu que vos lots varient d’une fois à l’autre.
» Rit
Maxwell parce que c’est vrai que la dernière fois son lot était de cinq
cents
pièces.
-«
Vous me ferez la facture pour les tire-fond, je vous ferai ma facture
pour le
rachat de la marchandise, on verra bien qui doit de l’argent à l’autre.
» Dit
Monsieur Ronaldo en se levant.
-«
Ok, sonnez-moi avant de venir que j’aie le temps de rassembler vos
tire-fond. »
Expose le natté en se mettant debout également.
-«
Bien à la prochaine. » Dit-il en ouvrant la porte.
La
sonnette retentit et dans les deux minutes Heero réapparaît une caisse
de
commande en main. Maxwell se doute que ce n’est pas un hasard, vu le
regard de
son petit ami.
Le
bon de commande à peine sur le bureau, Yuy attaque.
-«
Je veux comprendre ton attitude. »
-«
Deux minutes. » Dit le natté en prenant le téléphone et des bons de
commande
vierges.
Le
métis le regarde partir complètement intrigué par son comportement. Le
châtain
va vers le hangar, il descend les marches pour se rendre près de
Bertrand.
-«
Je dois avoir une discussion avec Heero. Sauf cas de force majeur,
problème
avec un client en magasin, je ne désire pas être interrompu. » Précise
Duo
d’une voix ferme.
-«
Bien patron ! »
Maxwell
remonte et repasse par le bureau où Yuy n’a pas bougé.
-«
Suis-moi » Ordonne-t-il au métis en passant par le hall, il coupe les
sonnettes
du côté de la maison.
Arrivé
à la cuisine, le natté désigne une chaise au brun en face du plan de
travail
sur lequel l’ex-02 s’appuie.
-«
Duo, je ne mettrai pas en position d’infériorité. » Répond le brun en
restant
debout derrière la chaise qu’on lui a désignée.
Avec
un petit soupir, Maxwell se rend au buffet et sort deux tasses. Il
prend le
thermos de café avant de tirer la chaise en face du métis. Ce dernier
concède à s'asseoir, il attend que le perruqué lui tende une tasse
pleine.
-«
Je crois que
tu n’as pas encore tout compris dans le fonctionnement de
L2, donc
de ma personne également. » Commence l’ex-02 en se servant une tasse de
café.
-«
Duo, tu as parfois deux attitudes, Hilde me l’avait dit, le patron est
différent de l’ami, mais ça ne se résume pas si facilement je trouve. »
Admet
Heero.
-« Ro’ d’un problème personnel on a glissé dans un problème bien plus grave à mon sens. Si le premier venait de moi, le deuxième c’est le tien. » Sermonne Maxwell froidement
Les deux yeux bleu acier viennent se poser dans
l’améthyste. Le natté peut y lire l’incompréhension de son ami.
-«
Ro’, tu étais en train de laver notre linge sale en public. Je crois
pourtant
que j’avais été clair l’autre jour. » Reprend en soupirant Duo de
devoir
expliquer à nouveau tout ça.
-«
Tu es chez toi ! » S’indigne le brun.
-«
Tu as pourtant dit que tu savais que ton attitude n’était pas très
professionnelle donc tu admets qu’on tombait dans le domaine public ! »
Justifie Maxwell.
-« T’embrasser aux yeux de tous… » Commence le métis sachant pertinemment que ce qu’il va dire ne tient pas debout.
Cependant, le rejet qu’il a
ressenti
l’a blessé. Il ne voulait que percer l’abcès de cette situation le
plus
rapidement possible avant qu’un fossé ne se mette entre eux. C’est ce
qui a
tué le couple de Duo et de Wufei, la non communication, il ne
laisserait pas
Duo retomber dans ce piège là.
-« Me faire engueuler aux yeux de tous, c’est mieux ! » Coupe Maxwell de la colère contenue dans la voix.
Il ne veut pas crier pour que le ton ne monte
pas et
que ça ne devienne pas à celui qui crie le plus fort.
-« Non, j’admets. » Répond penaud Yuy.
Il se sait en faute sur ce coup
là. Il
aurait pu faire plus discret l’urgence lui avait fait perdre un peu le
sens des
réalités. Il faut dire que la fatigue, la maladie de Duo lui mettent
les
nerfs à fleur de peau.
-«
Je t’ai dit qu’au moindre signe de faiblesse, que je ne suis plus
capable de
m’imposer qu’on me dépouillerait de tout. En plus de ma maladie, je me
bats
contre des principes ancrés en L2 depuis des générations. Ma
réputation, ce que
j’ai fait bien avant me donne un privilège dont je joue, Heero ! »
L’ex-02
s’arrête, regarde le brun pour voir s’il est sur la même longueur
d’onde, s’il
comprend ce qu’il lui explique. Il rajoute d’une voix plus calme. «
Jamais en
public, tu n’auras le dessus sur moi ! »
-«
Tu vas cacher notre relation ? » Questionne Heero.
Il a très dur de le
formuler,
il a peur de la réponse. Comment le vivrait-il si la réponse était
oui ?
-«
Non sûrement pas, je t’ai même appelé mon petit ami devant Monsieur
Ronaldo. »
Rassure Maxwell en lui souriant tendrement.
-«
Pour avoir l’honneur sauf. » Râle Yuy, car lui n’est pas sûr des
raisons de
son ami.
-«
Pas rien que ça, mais c’est vrai qu’une engueulade de son petit ami,
c’est
mieux que de son ouvrier. » Réconforte le natté.
Le
visage du brun se transforme, Duo peut y voir le soulagement, il sait
qu’il l’a
rassuré quand le métis lui demande d’une voix calme.
-«
Explique-moi alors les principes de L2 que je ne fasse plus d’erreurs,
mais je
ne serai jamais ton inférieur Duo ! » Lâche d’un ton sec Heero.
-«
Je ne le veux pas non plus, nous sommes égaux. Les règles sur L2 ne
sont
certainement pas très différentes de ce que J doit t’avoir appris pour
faire de
toi l’ex terroriste que tu es. Ne fais confiance à personne, si tu
exprimes tes
sentiments devant les autres, ils en profiteront pour se moquer de toi
et te
blesser. Faire des confidences est un signe de faiblesse et le faible
doit être
écrasé, il doit servir de marche-pied pour que les autres se hissent
d’un cran
dans la société. Une parole lâchée vous revient comme une balle.
Essayer
d’exprimer ce qu’il y a au fond de toi est donc un sport dangereux,
mieux vaut
tout cacher et faire bonne figure. Les seuls qui me connaissent un peu
plus,
c’est ceux qui ont risqué leurs vies avec moi et pour moi. » Explique
méthodiquement le natté sans vraiment regarder Heero qui est pourtant
assis
en face de lui.
-«
Tu as raison, on m’a appris tout ça ! » Admet Yuy, même si les termes
ne sont
pas les mêmes, la base est celle-la.
-«
La lutte pour la survie endurcit les gens Ro’ » Rajoute le châtain en
soupirant.
-«
Ton sourire ? » Questionne le brun parce que sourire c’est aussi avouer
qu’on
est heureux et que ça apporte le bonheur, ça J lui a enseigné
d’avoir un
visage froid qui ne reflète aucune expression.
-«
Ro’ c’est un masque, le sourire en réponse à tout, pas souvent un
sourire sincère,
mais qui masque ce que je suis, qui cache mes souffrances. Je suis
debout avec
le sourire malgré mon passé, c’est que rien ne peut m’atteindre. Je
masque mes
propres faiblesses derrière ce sourire. » Développe patiemment Maxwell.
-«
Hn, ça c’est ce que j’ai déclenché. » Il y a une question
sous-jacente dans
cette conclusion.
Voyant
que Duo se renferme alors qu’il n’a pas vraiment eu de problème
pour parler
de ceux de L2, Yuy demande.
-«
Tu n’as pas confiance en moi ? »
-«
Tu es celui en qui j’ai le plus confiance Ro’. Dis-toi bien que même
Wufei
n’en a jamais su autant sur moi. Nous n’avons jamais été un couple, je
m’en
rends compte de plus en plus. » Avoue le natté en lâchant un soupir à
cette
constatation.
-«
Duo tu éludes encore même si je suis heureux de savoir ça. J’ai
l’impression
qu’un mur se dresse entre nous depuis ce matin, que tu mets la distance
toi-même. » Argumente tendrement le brun.
-«
Je t’ai ressorti ce que Wufei m’a dit mot pour mot la première fois que
je l’ai
embrassé pendant les heures de services, la première et la dernière
fois. »
Avoue penaud le natté sans oser regarder son petit ami.
-«
Et ? » S’étonne Heero, parce que là il est encore plus perdu
qu’auparavant.
-«
Je ne veux pas te considérer comme lui me considérait, j’étais en
colère contre
moi ! La colère n’a jamais été une bonne conseillère. Je ne voulais ni
te
vexer, ni te repousser. Je voulais juste m’empêcher de t’attaquer pour
des
fautes de ma part. Tu t’es toujours mieux contrôlé que moi ! » Explique
en
rougissant Maxwell en regardant ses mains.
-«
Duo ! » S’indigne Yuy.
-«
Ro’, coupe le natté. Tu auras toujours tes explications, mais jamais en
public,
jamais sur le moment. Si je dis plus tard, il y aura un plus tard.
M’attaquer
quand je me sens en infériorité ne fait qu’augmenter mon envie de
reprendre le
dessus, de prouver que je ne suis pas faible, que je vais m’en sortir.
» Répond
agressivement le châtain comme s’il en avait marre de ne pas être
compris, mais
surtout de devoir se justifier.
Heero
sourit et lui prend les mains à travers la table.
-«
Qu’est-ce que tu peux être complexe, je ne risque pas de m’ennuyer avec
toi et
tant mieux. »
-«
Malgré le temps qui va passer, je garderai toujours un jardin secret. »
Complète le châtain en murmurant de peur de vexer son petit ami.
-«
Tout comme moi Duo ! » Rassure le brun en tapotant la main qu’il tient
encore.
-«
Bon on va reprendre notre travail. » Dit Maxwell en voyant l’heure
qu’il est
sur l’horloge du micro-onde.
Yuy
se lève fait le tour de la table et vient embrasser le perruqué avant
de
l’aider à se mettre debout. Ensemble, ils repartent vers la partie
commerciale.
Heero
descend jusqu’au hangar pendant que le châtain s’assied à son bureau.
Il fait
directement le mail pour le responsable des objets avant AC, lui
expliquant
qu’une pièce est plus onéreuse que plusieurs du même type et qu’il
attend sa
réponse pour mardi au plus tard.
Après
il vérifie son stock de tire-fond de ce diamètre là. Il doit en
refondre au moins
cinq cents, ça va leur prendre une journée au moins.
Maxwell
se lève du bureau et se rend au hangar, il gravit l’échelle de la cuve
de la
broyeuse, il n’y a même pas un tiers de plein.
-«
Ro’ viens avec moi ! » Dit l’ex-02 en passant à côté du métis.
Le
brun dépose sa plaque de commande et emboîte le pas à son patron. Duo
ouvre la
porte extérieure du hangar et se rend dans un coin retiré de la
décharge.
-«
Tout ce que je vais mettre dans les brouettes, il faut le vider dans la
cuve de
la broyeuse. Je n’ai jamais le temps de trier ce coin, je vais le faire
maintenant. Il me faudrait aussi une caisse plastique vide quand tu
reviendras
la première fois. » Explique le natté en commençant à fouiller dans un
brol de
ferraille en tout genre.
-«
On va fondre ? » Questionne Heero en le regardant faire.
-«
Oui mardi toute la journée. Encore une chance que je n’ai pas repris le
téléphone à Bertrand, c’est lui qui fait la clientèle tant qu’on est
occupé
ici. »
-«
Tu ne vas pas fouiller là dedans ? Si tu te blessais ! » Panique Yuy en
voyant
son ami commencer à soulever des morceaux de ferraille coupante pour
s’avancer
plus loin dans l’amas.
-« Je vais faire gaffe, mais je ne vais pas savoir transporter les brouettes Ro’. » Explique un rien honteux le châtain.
Ca l’ennuie également d’être
tellement
dépendant des autres pour faire des choses qu’il fait seul en temps
normal.
Pendant
une heure et demi, Heero fait des allées et venues avec des morceaux de
poutrelle, des barres tordues, des bouts de plaque de métal. La caisse
vide de
plastique amenée tout à l’heure par le métis en même temps qu’une paire
de
gants, se remplit de tire-fond droit, des bouts de moteur, des
roulements à
bille ainsi que des roues dentelées.
-«
Où as-tu eu tout ça ? » Demande finalement Yuy une fois que la première
brouette
n’est
pas pleine quand il revient avec la deuxième.
-«
C’est ce que j’ai acheté à monsieur Ronaldo en grande partie. C’est
presque
ironique, c’est avec sa matière première que je vais lui faire des
pièces. Trois
crédits le kilo, les tire-fond de ce diamètre là, c’est 1,25 crédits la
pièce.
» Explique Maxwell alors qu’il dépose des petites pièces dans la caisse
de
plastique.
-«
Tu es gagnant ? » S’informe le brun en le regardant faire, ne sachant
pas trop
comment il pourrait l’aider.
-«
Oui Ro’, il y a presque dix pièces pour faire un kilo. » Sourit Duo en
imaginant tout l’argent qui rentre rien qu’en faisant ça.
-«
Dans deux brouettes, on sera à plus de deux tiers de la cuve. » Précise
le brun
en voyant que son ami sue à grosses gouttes.
-«
Ce sera bon alors, il sera temps, je fatigue. » Avoue en soupirant le
natté.
-«
Attend, je te donne un coup de main, ce morceau est énorme ! Ta
broyeuse va
savoir le casser ? » Questionne le métis en attrapant l’extrémité d’une
poutrelle en acier de presque deux mètres et qui fait bien trente
centimètres
de large.
-«
J’espère, sinon il faudra le découper en morceaux au chalumeau pour la
prochaine fois. Merci pour les gants, je me serais sûrement blessé en
trifouillant. » Dit Duo en se redressant les mains sur les hanches,
avant de
s’essuyer le front déplaçant légèrement la perruque.
-«
Il faudra que tu prennes une douche avant de te mettre au bureau, tu es
dans un
état. » Sourit Yuy en voyant que Maxwell s’est barbouillé de crasse
avec ses
gants sales.
De
ses deux mains qu’il vient de passer sur son bleu de travail, Heero
remet la
prothèse en place avant de lui voler un baiser.
µµµ
Vingt
minutes plus tard, Duo est sous la douche pour se donner une meilleure
allure
avant de rester au bureau et de récupérer son retard en papier :
classement,
facturation et stock.
La
caisse de pièces est déposée dans un coin du bureau, elle attend d’être
triée
et rangée par un des deux ouvriers quand il n’y aura plus de commandes
à
préparer. Sinon Maxwell le fera lui-même dès qu’il sera en ordre.
Le
reste de la semaine file, l’ex-02 est heureux de pouvoir à nouveau
participer à
tout, préparer des commandes légères. Avec l’aide du caddie, il part
faire les
courses avec le métis, ça lui avait manqué. Il en avait un peu marre de devoir rester enfermé dans
l’enceinte de la maison et de ne sortir que pour se rendre au
dispensaire. Les dernières courses qu'il avait fait avec le métis, il
n'avait presque rien porté, il avait été un poids pour son ami. Il y
a bien eu sa sortie de l'autre jour, mais à deux c'est plus amusant
que seul.
µµµ
Le
dimanche 6 mai AC 199
Heero
et Duo somnolent, enfin surtout le métis qui profite de la chaleur de
Maxwell. Il le tient tendrement enlacé et il écoute la respiration de son
compagnon.
L’église
vient de sonner 9h30 quand Duo passe la main d’Heero sous son pyjama,
donnant
par ce simple geste l’autorisation au brun de commencer ses caresses et
ses
baisers sur le corps maigre qu’il tient dans ses bras.
Au
bout d’un moment, n’y tenant plus, l’ex-02 roule sur lui-même pour
faire face
au métis et l’embrasser avec passion.
Si
la semaine dernière, c’est surtout le brun qui avait découvert le corps
de Duo. Ici ce dernier part à la découverte de celui de Yuy.
Alors
que Maxwell embrasse tendrement Heero, il passe sa main sous le boxer
pour
caresser la virilité gorgée du brun. La main de ce dernier descend pour
s’insinuer dans le bas de pyjama de l’ex-02. Un soupir s’échappe de ses
lèvres
quand il constate que Duo n’a pas la rigidité souhaitée. Alors il
retire la
main qui commence des mouvements de va-et-vient sur sa hampe dressée,
prête à
craquer.
-«
Ca ne me gêne pas Ro’. » Certifie Maxwell quand il sent la pression sur
son
poignet qui cherche à lui faire arrêter ses mouvements.
-«
Moi bien, je veux un acte partagé Duo, si c’est pour avoir un plaisir
solitaire, je peux le faire moi-même. » Répond tendrement Heero en
caressant de
son autre main la joue de son ami.
-«
Si je te le fais, il n’est pas solitaire. » Insiste l’ex-02 alors qu’il
sent
que la poigne du métis commence à avoir gain de cause.
-«
Si je ne sais pas te le rendre bien. » Sourit Yuy en dévorant le visage
de Duo
de petits baisers.
Les
yeux de Maxwell brillent, le brun n’arrive pas à déterminer la raison.
En
se serrant dans les bras du métis, Duo se dit qu’il a bien de la chance
de se
faire respecter ainsi avec le passé qu’il a eu. C’est la première fois
qu’il
n’a pas l’impression d’être un objet sexuel dans les bras d’un de ses
amants. Et
l’affection qu’il a pour le métis grandit encore, s’il le pensait, il
pourrait
lui dire qu’il l’aime parce que vraiment à ce moment précis, c’est plus
de
l’amour qu’une forte amitié qu’il ressent.
-«
Bon, je vais me doucher et faire le repassage, dors encore un peu ça va
te
faire du bien. » Dit le métis en volant un dernier baiser à Maxwell.
µµµ
Milieu
de l’après-midi, les deux amis sont dans les bras l’un de l’autre pour
regarder
un film à la TV. Heero sur le torse de Duo.
Le
Gsm de Maxwell sonne, en voyant le numéro, il le redépose sur
l’accoudoir en le
laissant sonner.
-«
C’est qui ? » Demande Yuy intrigué par le comportement de l’ex-02.
-«
Wufei ! »
Le
brun tend la main et décroche avant de le donner à son ami.
-«
Je venais aux nouvelles, Hilde m’a dit que tu allais mieux d’après les
mails
qu’elle reçoit. » Commence directement Chang.
-«
C’est le cas. » Répond d’une voix monocorde Maxwell.
-«
Tu es seul là pour l’instant ? » Questionne le Chinois comme s’il
l’espérait.
-«
Non ! »
-«
Tu peux lui demander de partir ? » S’informe presque en suppliant Wufei.
-« Non ! » Lâche sèchement l’ex-02 de plus en plus tendu.
Il n’aime pas la
tournure que prend la discussion, il aurait mieux fait de raccrocher
quand
Heero lui a tendu son Gsm.
-«
Duo ! » Insiste Chang.
-«
Je n’ai rien à cacher ! » Gronde le natté vraiment mal à l’aise.
-«
Donc vous êtes ensemble ! » Affirme d’un ton jovial le Chinois, il
aurait les
réponses à ses questions.
-«
En quoi ça t’intéresse ? Tu veux savoir si je suis libre ? » Agresse
Duo.
Heero
se redresse intrigué par les réponses qu’il entend. Il sonde son ami du
regard
celui-ci l’évite et fait mine de regarder la télévision.
-«
Qu’est-ce que tu cherches ? Tu as déjà questionné Trowa là dessus ! »
Continue le perruqué sur le même ton.
Yuy
fronce les sourcils, Maxwell ne lui a rien dit à propos de ça quand
il lui
a signalé que Quatre a téléphoné pour prendre de ses nouvelles. A
moins que
ce ne soit sur un mail qu’il a reçu de Barton.
-«
Tu es mon ami, c’est normal que je prenne des renseignements, tu ne
crois pas ?
» Demande indigné le Chinois.
-«
Pourquoi j’ai l’impression que tu ne cherches qu’un endroit pour te
vider si
Hilde ne peut plus à cause de sa grossesse ! » Accuse platement Maxwell
à la
limite de l’écœurement.
-« Je suis tombé bien bas pour toi on dirait ! » Blâme Wufei en secouant la tête devant cette constatation.
Il se demande parfois comment ils ont
pu
vivre si longtemps ensemble .
Le
brun tend la main vers le téléphone. Après un moment de réflexion
l’ex-02 lui
donne cette fois.
-«
Chang ! » Crache littéralement Heero.
-«
Yuy passe-moi Duo, c’est avec lui que j’avais une discussion !
Rends-lui le
téléphone. » Ordonne en colère le Chinois.
-«
Tu connais bien peu Duo pour croire qu’on peut lui prendre son
téléphone contre
sa volonté. » Persifle Yuy en se redressant un peu dans le fauteuil
pour se
sentir plus d’attaque.
Le
silence lui répond alors il reprend d’une voix autoritaire comme à
l’époque des
missions qui ne permet aucun débordement.
-«
J’ai trois points à t’exposer. De un, on est ensemble, de deux :
médicalement
parlant, je ne peux pas lui faire l’amour et lui non plus. »
-«
Ro’ » Murmure en rougissant Maxwell.
Le
métis ne s’en formalise pas et continue de la même façon.
-«
De trois : téléphone quand tu as des nouvelles urgentes sur l’état de
santé de
Hilde ou du filleul de Duo, tu as eu ta chance, je ne me suis pas mis
entre
vous. »
-«
Je ne veux pas récupérer Duo, vous êtes paranoïaque tous les deux.
Hilde
souffre de la rupture de contact. Le satellite Preventer n’est qu’à une
heure
de L2. » Se révolte Wufei.
-«
Explique-lui pourquoi, il y a rupture Chang. Explique-lui ! Si tu
continues à
faire souffrir Duo, je me charge de prévenir ta femme. » Menace
froidement
Heero avant de demander plus tendrement à son homme. « Tu veux lui
parler ? »
-«
Non, si tu n’avais pas décroché, je ne l’aurai pas fait, il y a les
mails, les
SMS, le reste je n’en veux plus. » Admet Maxwell d’une voix assez forte
pour
que le Chinois l’entende.
-«
Adieu Chang ! » Lâche Yuy en coupant la communication.
Le
brun dépose le Gsm sur la table basse avant de se recoucher sur le
torse de son
ami pour suivre la fin du film, une adaptation récente de « La
guerre du
feu. »
-«
Tu crois vraiment que Wufei cherche à te récupérer ? » Questionne le
métis
quand le générique commence à défiler.
-«
Je ne sais pas, mais je trouve ça malsain. Avant qu’il ne sache que
j’avais
contracté le cancer du foie, pas une fois, il n’a cherché le contact.
Pourquoi
maintenant ? » S’interroge Maxwell plus pour lui que pour Heero qui
passe sa
main sur celle du natté qui est posée sur le divan à côté de lui.
-«
Pour avoir bonne conscience, ne pas être celui qui t’a tourné le dos. »
Suggère
Yuy en se redressant pour permettre à Duo de se lever.
-«
Tu crois ? »
-«
Je ne sais pas Duo. Lui seul pourrait te répondre, mais comme tu n’as
pas
confiance dans ses dires. Quoi qu’il te dise, tu ne seras jamais
certain. »
Certifie le brun en lui souriant tendrement.
-«
Quatre et Trowa doivent faire leur enquête, afin de savoir ce qu’il
cherche. »
Avoue Maxwell en regardant un rien gêné Heero de ne pas lui avoir dit
auparavant.
-«
Pas sûr qu’il arrive encore à quelque chose. » Rit le métis en se
levant pour
aller préparer le souper.
Le
week-end est vraiment trop court, aucun des deux n’ont le temps
de se
reposer convenablement. Néanmoins, c’est un peu ça leur vie depuis
tellement
longtemps qu’ils ne s’en plaignent pas autre mesure.